Climat : le monde se dirige vers +2, 6 °C d'ici 2100
Les engagements climatiques actuels placent le monde sur une trajectoire de réchauffement de 2,6 °C d'ici la fin du siècle. Un chiffre revu à la hausse par rapport aux 2,3-2,5 °C projetés en 2025, selon le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) sur l'écart entre émissions et objectifs climatiques, publié le 21 octobre.
L'Organisation des Nations unies (ONU) a publié un rapport mettant en garde contre une augmentation de la température mondiale de 2,6 °C d'ici la fin du siècle, soit en 2100. Ce chiffre dépasse largement l'objectif fixé par l'Accord de Paris en 2015, qui visait à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle. L'ONU souligne que cette trajectoire entraînerait des conséquences graves et irréversibles pour les écosystèmes et les sociétés humaines. Le rapport s'appuie sur les engagements climatiques actuels des États, appelés contributions déterminées au niveau national (CDN), qui restent insuffisants pour respecter l'objectif de 1,5 °C. Les CDN sont des plans détaillant les actions que chaque pays prévoit de mettre en œuvre pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).
Selon le rapport de l'ONU, les engagements climatiques actuels des États, s'ils étaient pleinement appliqués, ne permettraient qu'une réduction de 2 % des émissions mondiales de GES d'ici 2030, alors qu'une réduction de 43 % serait nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Les GES, comme le dioxyde de carbone (CO₂) ou le méthane (CH₄), sont des gaz qui piègent la chaleur dans l'atmosphère, provoquant le réchauffement climatique. Le rapport indique que les émissions mondiales de GES devraient atteindre un pic avant 2025 pour espérer respecter l'objectif de 1,5 °C. Sans une action urgente et coordonnée, la trajectoire actuelle mène vers un réchauffement de 2,6 °C, avec des impacts majeurs sur les populations, les économies et les écosystèmes.
Un réchauffement de 2,6 °C d'ici 2100 aurait des effets dévastateurs sur la planète. Les scientifiques prévoient une augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses prolongées, des inondations et une élévation du niveau de la mer. Ces phénomènes menaceraient la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau potable et la stabilité des sociétés humaines. Par exemple, certaines régions pourraient devenir inhabitables en raison de températures extrêmes, tandis que d'autres subiraient des pénuries alimentaires dues à la baisse des rendements agricoles. Le rapport souligne également que les populations les plus vulnérables, comme celles des pays en développement, seraient les plus touchées par ces changements.
Le rapport de l'ONU met en lumière le rôle central des États dans la lutte contre le changement climatique. Chaque pays est responsable de la mise en œuvre de ses CDN, mais leur efficacité dépend de la coopération internationale. Les Conférences des Parties (COP), comme la COP28 qui s'est tenue en 2023, sont des réunions annuelles où les États négocient des accords pour renforcer leurs engagements climatiques. Cependant, le rapport indique que les progrès restent trop lents et que les engagements actuels ne suffisent pas à éviter un réchauffement de 2,6 °C. Les États doivent donc revoir leurs politiques et augmenter leurs efforts pour réduire leurs émissions de GES.
Face à cette situation, l'ONU appelle à une action climatique immédiate et ambitieuse. Le rapport souligne que chaque dixième de degré compte et que des mesures radicales sont nécessaires pour inverser la tendance. Cela inclut la transition vers des énergies renouvelables, la réduction de la déforestation et l'adoption de pratiques agricoles durables. Les scientifiques insistent sur l'urgence d'agir avant 2030 pour éviter les pires scénarios. Sans une mobilisation mondiale, les générations futures pourraient hériter d'une planète bien plus hostile que celle d'aujourd'hui. L'ONU rappelle que des solutions existent, mais que leur mise en œuvre dépend de la volonté politique et de la coopération internationale.

