Une enquête externe ouverte à Cornell sur la gestion de l’affaire par l’université
La gouverneure de l’État de New York a vivement critiqué la manière dont s’est déroulée l’enquête en 2024..
Le président de l’université Cornell, Michael Kotlikoff, a annoncé le 4 octobre 2026 le lancement d’une enquête externe indépendante pour examiner la gestion par l’établissement d’un viol collectif présumé subi par une étudiante en 2024. Cette décision fait suite à une plainte au civil déposée en septembre 2026 par la victime, alors âgée de 20 ans, qui accuse sept membres de la fraternité étudiante Chi Phi de l’avoir droguée à la kétamine avant de la violer. L’enquête sera menée par un cabinet d’avocats externe, en collaboration avec le conseil d’administration de Cornell. Le président a reconnu que cette affaire, qualifiée de « profondément troublante », a marqué la communauté universitaire et suscité une forte émotion. Cornell a également annoncé qu’elle ne se contenterait pas d’attendre les résultats de cette enquête pour agir, sans préciser les mesures déjà prises.
Selon la plainte déposée en septembre 2026, la victime présumée, identifiée sous le pseudonyme Jane Doe dans les documents judiciaires, affirme avoir été droguée à la kétamine lors d’une soirée organisée par la fraternité Chi Phi en 2024. La substance, un anesthésique dissociatif, est parfois utilisée de manière illégale pour faciliter des agressions sexuelles en raison de ses effets incapacitants. La plaignante décrit avoir été violée à plusieurs reprises par sept étudiants membres de cette fraternité. L’incident a été signalé à la police du campus, mais les autorités locales n’avaient pas engagé de poursuites pénales en 2024, arguant que le témoignage de la victime ne permettait pas d’établir clairement l’absence de consentement. En 2026, le procureur du comté concerné a rouvert l’enquête pénale, suivi d’une intervention de la gouverneure de New York, Kathy Hochul.
La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a critiqué publiquement la gestion de l’affaire par les institutions en 2024, pointant du doigt à la fois la police de l’université Cornell et le procureur local, Matthew Van Houten. Selon elle, la police du campus aurait expurgé une partie du témoignage de la victime, où celle-ci qualifiait explicitement les faits de viol. Hochul a souligné que la victime avait « passé des heures à raconter » les détails de son agression et exprimé avec « une clarté absolue » sa certitude d’avoir été violée. En réponse, Cornell a soutenu la décision de rouvrir l’enquête pénale, tout en affirmant qu’elle agirait sans attendre ses conclusions. Hochul a également chargé la procureure générale de l’État, Letitia James, de superviser l’enquête.
L’affaire a suscité une vague de soutien en ligne, notamment sur les réseaux sociaux TikTok, X (ex-Twitter) et Instagram, où des milliers d’internautes ont utilisé le hashtag #IAmJaneDoe (« Je suis Jane Doe ») pour exprimer leur solidarité avec la victime présumée. Certains utilisateurs se sont même présentés comme la victime pour compliquer son identification, une pratique inspirée du mouvement #MeToo de 2017, qui avait encouragé des milliers de femmes à partager leurs témoignages d’agressions sexuelles. Cette mobilisation rappelle le contexte du #MeToo, où des célébrités comme Harvey Weinstein avaient été accusées de harcèlement et d’agressions sexuelles, déclenchant un mouvement mondial de dénonciation.
En réponse aux accusations, Cornell a fermé la fraternité *Chi Phi* et suspendu temporairement les étudiants mis en cause. Plusieurs d’entre eux ont finalement été exclus de l’université. Ces mesures interviennent après des années de critiques envers les universités américaines pour leur gestion des violences sexuelles sur les campus. Selon une étude de 2020 menée par l’Association des universités américaines auprès de 33 établissements, une étudiante de premier cycle sur quatre déclare avoir subi des contacts sexuels forcés ou sans consentement. Cette statistique illustre l’ampleur du problème dans les universités américaines, où les fraternités étudiantes sont souvent pointées du doigt pour leur culture de l’impunité.

