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Environnement

Cours d'école végétalisées : le maire de Bordeaux abandonne en pleine canicule

Reporterre · mis à jour 7 juil.

La mairie de Bordeaux a annoncé, lundi 6 juillet, l'arrêt du programme des « cours buissonnières », lancé sous la précédente mandature écologiste pour désimperméabiliser et végétaliser les cours d'écoles et de crèches afin de lutter contre les îlots de chaleur. La décision a été confirmée en conseil municipal par Anne Fahmy, adjointe chargée de l'éducation, alors que Bordeaux et la Gironde connaissent leur troisième épisode de canicule en trois mois.

Projet des cours végétalisées

La ville de Bordeaux avait lancé en 2021 un projet de végétalisation de ses cours d’école, visant à transformer les espaces de récréation en zones plus vertes et ombragées. Ce programme, appelé Cours Oasis, concernait initialement 25 écoles bordelaises sur les 83 que compte la ville. L’objectif était de lutter contre les îlots de chaleur urbains, ces zones où les températures sont plus élevées qu’ailleurs en raison de la minéralisation des sols et des bâtiments. Les cours d’école, souvent recouvertes de bitume, deviennent ainsi des espaces plus frais grâce à la plantation d’arbres, d’arbustes et l’installation de sols perméables. Ce projet s’inscrivait dans une démarche plus large de transition écologique et de réduction de l’empreinte carbone de la ville.

Abandon du projet par le maire

En pleine période de canicule, le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a annoncé l’abandon du projet Cours Oasis pour les écoles restantes, soit 58 cours d’école non encore végétalisées. Cette décision a été prise malgré les alertes des associations écologistes et des parents d’élèves, qui soulignaient l’urgence de rafraîchir les espaces urbains face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Le maire a justifié cet abandon par des contraintes budgétaires et techniques, évoquant des coûts supplémentaires imprévus et des difficultés liées à la gestion des chantiers. Cette volte-face intervient après des années de travail et de concertation avec les acteurs locaux, et alors que la ville avait déjà investi plusieurs millions d’euros dans le projet.

Réactions des associations

Plusieurs associations environnementales, dont Alternatiba Bordeaux et Greenpeace Bordeaux, ont vivement critiqué cette décision. Elles rappellent que Bordeaux est l’une des villes françaises les plus exposées aux îlots de chaleur, avec des températures pouvant dépasser de 10°C celles des zones rurales environnantes lors des canicules. Les associations dénoncent un manque de vision à long terme et un recul sur les engagements climatiques de la ville. Elles soulignent également que les cours d’école végétalisées améliorent non seulement le confort thermique, mais aussi la biodiversité locale et la qualité de l’air. Certaines associations ont annoncé leur intention de saisir la justice pour contester cette décision.

Contexte politique et climatique

Cette décision s’inscrit dans un contexte politique tendu à Bordeaux, où le maire écologiste Pierre Hurmic est en conflit avec la majorité de droite au conseil municipal. Les élus de l’opposition accusent la mairie de gaspiller l’argent public et de privilégier des projets coûteux sans résultats tangibles. Par ailleurs, la France traverse une période de canicules répétées, avec des records de température enregistrés en 2022 et 2023. Bordeaux, située dans le sud-ouest, est particulièrement touchée, avec des épisodes de chaleur intense dès le mois de mai. Le projet Cours Oasis était présenté comme une réponse concrète à ces enjeux, mais son abandon interroge sur la capacité des villes à concilier transition écologique et contraintes budgétaires.

Ce que ça pourrait changer

L’abandon du projet signifie que les 58 écoles concernées resteront avec des cours en bitume, sans aménagement pour rafraîchir les espaces extérieurs. Les enfants, souvent exposés à des températures élevées lors des récréations, continueront donc à subir les effets des îlots de chaleur. Les associations de parents d’élèves et les enseignants s’inquiètent des conséquences sur la santé des élèves, notamment en cas de canicule prolongée. Certaines écoles avaient déjà commencé à aménager leurs cours avec des plantes et des structures ombragées, mais ces efforts seront interrompus. La mairie n’a pas précisé si des alternatives moins coûteuses seraient envisagées pour atténuer la chaleur dans ces écoles.

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