Les électeurs hispaniques se sentent «trahis» par Trump sur l’immigration
«Vos mesures de contrôle de l’immigration sont allées trop loin», a déclaré jeudi une élue républicaine..
Une élue républicaine de Floride, Maria Elvira Salazar, a critiqué publiquement la politique migratoire de Donald Trump en septembre 2026. Cette députée, d’origine cubaine et ancienne journaliste, a déclaré dans une vidéo diffusée à quelques semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis que certaines mesures d’expulsion de Trump étaient allées « trop loin ». Elle a souligné que les électeurs hispaniques, qui avaient contribué à la réélection de Trump en 2024, se sentaient désormais « trahis » par son gouvernement. Salazar, bien que soutenue par Trump, défend depuis longtemps la régularisation de certains immigrés sans papiers, ce qui montre une divergence d’opinions au sein du Parti républicain sur la question migratoire.
Les démocrates américains, notamment ceux du Caucus hispanique du Congrès, ont vivement critiqué les politiques migratoires de Trump. Ils ont dénoncé une « taxe ICE », en référence à l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), une agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration. Selon eux, les arrestations massives menées par l’ICE provoquent des pénuries de main-d’œuvre, ce qui contribuerait à une hausse des prix. Ils ont organisé une conférence de presse avec l’association America’s Voice, qui défend les droits des immigrés, pour alerter sur ces conséquences économiques et sociales.
Depuis son retour à la présidence en 2025, Donald Trump a intensifié les expulsions d’immigrés en situation irrégulière aux États-Unis. En août 2026, le ministère américain de la Sécurité intérieure a annoncé avoir atteint un record de près de 51 000 arrestations en un seul mois. Trump a promis de mener la plus vaste campagne d’expulsions de l’histoire du pays, ce qui a suscité des tensions au sein de son propre parti. Ces mesures visent à renforcer le contrôle des frontières, mais elles sont de plus en plus contestées, y compris par certains républicains comme Salazar.
La politique migratoire de Trump pourrait avoir un impact majeur sur les élections de mi-mandat de 2026 aux États-Unis. Le Parti républicain craint de perdre le soutien de l’électorat hispanique, un groupe démographique clé pour les républicains dans des États comme la Floride. En 2024, une partie des Hispaniques avait voté pour Trump, espérant des réformes favorables à leur communauté. Cependant, les mesures récentes, jugées trop strictes, risquent d’éroder cette base électorale. Les républicains tentent donc de trouver un équilibre entre leurs promesses de fermeté migratoire et les attentes de leur électorat latino.
Les démocrates et les associations de défense des immigrés estiment que les expulsions massives aggravent les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, comme l’agriculture ou la restauration. Ces pénuries, en réduisant l’offre de travail, pourraient contribuer à une hausse des prix pour les consommateurs. Les critiques soulignent que ces politiques, en plus de leurs conséquences humaines, ont un coût économique non négligeable. Elles pourraient aussi pousser certains immigrés, notamment des Latino-Américains, à quitter les États-Unis pour des pays comme l’Espagne, où les politiques migratoires sont perçues comme plus accueillantes.

