Entre le FMI et le Sénégal, “un accord, mille questions”
Le quotidien sénégalais “Enquête Plus” revient sur la conférence de presse du ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a officialisé, le 1ᵉʳ septembre, la mise en œuvre prochaine, et à certaines conditions, d’un nouveau programme d’aide du FMI..
Le Sénégal a conclu un accord de principe avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un financement de 1,8 milliard d’euros sur trois ans. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, un mécanisme de prêt sans taux d’intérêt destiné aux pays en difficulté économique. Cependant, cet accord reste conditionnel et doit encore être validé par le conseil d’administration du FMI. Parmi les conditions imposées, le Sénégal devra mettre en œuvre des mesures correctrices pour réduire sa dette extérieure, qui représentait 132 % du PIB à la fin de l’année 2024. Le ministre des Finances sénégalais, Cheikh Diba, a présenté cet accord comme une opportunité pour réduire la pression sur le budget de l’État et restaurer sa capacité à financer des priorités nationales.
Le Sénégal fait face à une situation économique difficile depuis deux ans, malgré le début de l’exploitation de ses ressources en hydrocarbures. La dette publique du pays a atteint un niveau critique, avec une dette extérieure équivalente à 132 % de son PIB fin 2024. Cette situation s’explique en partie par des emprunts cachés réalisés sous l’ancien régime du président Macky Sall, estimés à 7 milliards de dollars (6 milliards d’euros). Ces pratiques ont entraîné une dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation, rendant l’accès aux financements internationaux plus difficile et coûteux. Les bailleurs de fonds traditionnels se sont montrés plus réticents, poussant le pays à recourir à des marchés alternatifs avec des taux d’intérêt élevés.
Pour bénéficier de l’accord avec le FMI, le Sénégal devra mettre en place des mesures correctrices visant à réduire sa dette et améliorer sa gestion financière. Ces mesures incluent la réduction de la charge de la dette, l’apurement des dettes de l’État envers ses fournisseurs, et le renforcement de la gouvernance budgétaire. Parmi les actions prévues, on note un suivi accru des arriérés intérieurs, une supervision renforcée des entreprises publiques, et une révision des subventions dans le secteur de l’énergie. Le gouvernement a également souligné son attention portée aux populations les plus vulnérables. Ces réformes visent à rétablir la confiance des investisseurs et des partenaires financiers, tout en préservant les marges de manœuvre budgétaires pour financer des projets prioritaires.
Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a évité d’utiliser le terme de restructuration pour décrire les mesures envisagées, bien que celles-ci s’en rapprochent. Cette prudence s’explique par la sensibilité politique du sujet au Sénégal, où la gestion de la dette a été critiquée par l’opposition et les citoyens. L’accord avec le FMI devrait également permettre au Sénégal de mobiliser des financements supplémentaires auprès d’autres partenaires internationaux, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Cependant, la mise en œuvre de ces réformes pourrait rencontrer des résistances, notamment en raison de leur impact potentiel sur les dépenses sociales et les subventions, qui sont des sujets sensibles dans un pays où une partie importante de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Cet article est tiré du quotidien sénégalais *Enquête Plus*, un journal d’investigation fondé en 2011 par une équipe de journalistes dirigée par Mamoudou Wane. Le média est reconnu pour ses enquêtes approfondies et son rôle dans le paysage médiatique sénégalais. L’article en question, publié le 2 septembre 2026, analyse les implications de l’accord entre le FMI et le Sénégal, en mettant en lumière les défis économiques et politiques auxquels le pays est confronté. Le titre de l’article, *Entre le FMI et le Sénégal, “un accord, mille questions”*, reflète les incertitudes entourant la mise en œuvre de cet accord et ses conséquences à long terme.

