“En France comme en Italie, on met un pansement sur une blessure déjà énorme”
De l’autre côté des Alpes aussi, le week-end des 17 et 18 octobre a été caractérisé par d’importants débordements, notamment de la part de jeunes manifestants. Quels points communs et quelles divergences avec ce qui se passe en France ? Le correspondant à Paris du quotidien turinois “La Stampa”, Danilo Ceccarelli, apporte des éléments de réponses..
Le week-end des 17 et 18 octobre 2026, l'Italie a connu de graves troubles urbains, notamment à Milan, où des scènes de guérillas urbaines ont été observées. Ces événements ont conduit à l'arrestation de 220 personnes, dont 80 % étaient des mineurs. Les dégradations causées par ces incidents sont estimées à un demi-milliard d'euros par les associations d'entreprises locales. Le maire de Milan, Beppe Sala, a critiqué l'échec du maintien de l'ordre et reproché au gouvernement italien de ne pas avoir déployé suffisamment de moyens pour prévenir ces violences. En réponse, le gouvernement italien a annoncé l'envoi de 500 soldats pour patrouiller dans les rues de Milan. Une mesure exceptionnelle qui reflète l'ampleur de la crise. Le gouvernement envisage également d'autoriser les gardes à vue préventives pour les mineurs, une décision qui soulève des questions sur les droits des jeunes et l'efficacité des mesures répressives.
Les troubles en Italie présentent des similitudes avec ceux observés en France, notamment des scènes de violences urbaines impliquant des jeunes manifestants. Danilo Ceccarelli, correspondant à Paris du quotidien turinois La Stampa, souligne que les profils des participants en Italie semblent différents de ceux en France. En Italie, les casseurs seraient majoritairement des fils d'immigrés, une catégorie sociale souvent marginalisée et en proie à des difficultés économiques. Cette observation suggère que les tensions sociales et les inégalités pourraient être des facteurs communs aux deux pays, bien que les contextes locaux et les dynamiques de mobilisation diffèrent. Les deux pays semblent ainsi confrontés à des crises sociales profondes, où les réponses apportées par les gouvernements (envoi de militaires, mesures répressives) sont perçues comme des solutions temporaires, voire insuffisantes.
En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a réagi aux violences en annonçant des mesures fortes, comme le déploiement de 500 soldats à Milan. Cette décision illustre une approche sécuritaire pour rétablir l'ordre, mais elle est critiquée par certains élus locaux, comme le maire de Milan, qui jugent ces moyens insuffisants ou mal adaptés. En France, les réactions politiques aux violences urbaines récentes ont également été marquées par des débats sur l'efficacité des forces de l'ordre et la nécessité de réformes structurelles. Les deux pays semblent ainsi adopter des stratégies similaires, privilégiant des mesures d'urgence plutôt que des solutions durables pour répondre aux causes profondes des crises sociales. Ces réactions politiques reflètent une tendance à traiter les symptômes plutôt que les problèmes de fond.
Les violences urbaines en France et en Italie, bien que distinctes dans leurs manifestations, partagent des racines communes. Les deux pays font face à des inégalités sociales croissantes, à un sentiment d'abandon des classes populaires et à une défiance envers les institutions. Les jeunes, en particulier ceux issus de l'immigration, sont souvent les plus touchés par ces crises, comme le suggère l'analyse des profils des casseurs en Italie. Les gouvernements des deux pays semblent incapables de proposer des solutions structurelles pour résoudre ces problèmes, se contentant de mesures temporaires comme l'envoi de militaires ou l'adoption de lois répressives. Cette approche, qualifiée de « pansement sur une blessure déjà énorme » par l'article, risque d'aggraver les tensions à long terme en ne traitant pas les causes profondes des crises sociales.
Les violences urbaines en Italie ont causé des dégâts matériels estimés à un demi-milliard d'euros, selon les associations d'entreprises locales. Ces pertes financières s'ajoutent aux coûts liés au déploiement des forces de l'ordre et aux mesures de sécurité exceptionnelles, comme l'envoi de 500 soldats à Milan. En France, les violences urbaines récentes ont également eu un impact économique significatif, avec des destructions de biens publics et privés, ainsi que des perturbations dans les activités commerciales. Ces conséquences économiques aggravent les difficultés des populations déjà vulnérables, créant un cercle vicieux où les crises sociales et les pertes financières se renforcent mutuellement. Les gouvernements des deux pays doivent désormais faire face à des défis budgétaires supplémentaires pour réparer les dégâts et rétablir la confiance.

