Les Hauts-de-France soutiennent l'interdiction des navires-usines près des côtes
La pression s'accroît sur la ministre de la Mer, Catherine Chabaud. Le 5 octobre, le conseil régional des Hauts-de-France a adopté à l'unanimité un vœu porté par la majorité de Xavier Bertrand (Les Républicains) soutenant l'interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière.
Les navires-usines désignent des bateaux de pêche industriels de très grande taille, souvent équipés de technologies avancées pour capturer et transformer le poisson directement en mer. Ces navires, parfois longs de plus de 100 mètres, peuvent rester en mer pendant des semaines, voire des mois, sans revenir à quai. Leur capacité de pêche est colossale : un seul navire-usine peut pêcher autant que des dizaines de petits bateaux artisanaux réunis. Ces pratiques sont critiquées car elles épuisent les stocks de poissons et perturbent les écosystèmes marins. Dans l’article, le terme est utilisé dans le contexte d’une proposition visant à les interdire près des côtes des Hauts-de-France, une région française bordée par la Manche et la mer du Nord.
Le conseil régional des Hauts-de-France a adopté une motion en faveur de l’interdiction des navires-usines dans ses eaux territoriales. Cette décision s’inscrit dans une volonté de protéger les écosystèmes marins locaux et de soutenir la pêche artisanale, qui représente une part importante de l’économie régionale. La région, qui compte environ 6 millions d’habitants, mise sur une pêche durable pour préserver ses ressources halieutiques. Cette position s’ajoute à d’autres initiatives européennes visant à réguler la pêche industrielle. Le conseil régional agit ici en tant qu’autorité politique locale, avec le soutien d’associations environnementales.
L’interdiction des navires-usines près des côtes répond à deux principaux enjeux. D’abord, écologique : ces navires capturent des quantités massives de poissons, menaçant la biodiversité marine et les stocks de poissons comme la morue ou le cabillaud. Ensuite, économique : la pêche artisanale, qui emploie des milliers de personnes dans la région, souffre de la concurrence déloyale des navires-usines, capables de vendre leur poisson à moindre coût. Selon des estimations citées dans l’article, la pêche artisanale en France représente environ 50 000 emplois directs et indirects. Les défenseurs de l’interdiction soulignent que cette mesure pourrait rééquilibrer le secteur.
La motion adoptée par les Hauts-de-France n’a pas encore force de loi, mais elle envoie un signal fort aux autorités nationales et européennes. Elle s’appuie sur des études scientifiques montrant l’impact négatif des navires-usines sur les écosystèmes côtiers. Des associations comme *Bloom*, spécialisée dans la protection des océans, soutiennent cette initiative. À l’échelle européenne, la question est débattue dans le cadre de la Politique commune de la pêche (PCP), un ensemble de règles qui encadre l’activité halieutique dans l’Union européenne. Les prochaines étapes pourraient inclure des négociations avec d’autres régions françaises et des pays voisins pour étendre cette interdiction.

