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Géopolitique

Singapour, le bon élève du combat contre les moustiques

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Moustiques stériles, robots, amendes et même prison… Le petit pays tropical ne lésine pas sur les moyens pour juguler les épidémies de dengue notamment. Avec un certain succès..

Singapour face aux moustiques

Singapour, une cité-État tropicale de 5,5 millions d’habitants, lutte depuis des années contre les épidémies de dengue, une maladie transmise par les moustiques Aedes aegypti. Dans les années 2010, le pays enregistrait jusqu’à 30 000 cas annuels, un chiffre jugé trop élevé. Pour y remédier, les autorités ont mis en place une stratégie globale combinant innovation technologique, réglementation stricte et participation citoyenne. Leur objectif était de réduire drastiquement la population de moustiques et, par conséquent, les cas de dengue. En 2026, après plus d’une décennie d’efforts, Singapour affiche ses meilleurs résultats depuis plus de vingt ans, avec un nombre de cas en forte baisse.

Moustiques stériles et bactérie

Le cœur de la stratégie singapourienne repose sur le programme Debug, lancé il y a dix ans. Ce projet consiste à produire en laboratoire des moustiques Aedes aegypti mâles porteurs de la bactérie Wolbachia. Cette bactérie, naturellement présente dans certains insectes, empêche normalement les œufs de moustiques de se développer. Lorsqu’un moustique mâle Wolbachia s’accouple avec une femelle sauvage, les œufs pondus n’éclosent pas. Singapour relâche ainsi 10 millions de ces moustiques stériles chaque semaine dans la nature. Avec le temps, cette méthode réduit progressivement la population de moustiques femelles, vectrices de la dengue. En 2026, les résultats sont encourageants : le nombre de cas de dengue est au plus bas depuis des décennies.

Surveillance et éducation

Outre les moustiques stériles, Singapour mise sur une surveillance accrue et des campagnes d’éducation pour impliquer la population. Les autorités rappellent régulièrement aux habitants l’importance d’éliminer les eaux stagnantes, comme dans les pots de fleurs ou les gouttières, où les moustiques pondent leurs œufs. Ces efforts s’accompagnent d’une répression stricte : toute négligence peut entraîner des amendes allant jusqu’à 5 000 dollars singapouriens (soit environ 3 400 euros) ou jusqu’à trois mois de prison. En 2023, une femme a par exemple été condamnée à payer 1 400 dollars singapouriens (près de 1 000 euros) pour avoir laissé des larves se développer dans ses toilettes. Ces mesures visent à responsabiliser chaque citoyen dans la lutte contre les moustiques.

Robots et innovations

Pour renforcer son arsenal, Singapour a développé des outils technologiques innovants. Depuis un an, la cité-État utilise Sable, un petit robot autonome capable de se faufiler dans des espaces étroits et difficiles d’accès. Équipé de caméras et d’un réservoir à larvicide, il permet de traiter les zones à risque à distance. Un autre outil, Dragonfly, est un piège à moustiques mobile qui se déplace seul dans les espaces publics comme les écoles ou les parcs. Il attire les moustiques grâce à de la lumière ultraviolette et des phéromones, puis les capture à l’aide d’un piège à colle. Ces innovations complètent les méthodes traditionnelles pour une lutte plus efficace et ciblée contre les moustiques.

Ce que ça pourrait changer

Grâce à cette approche multidimensionnelle, Singapour enregistre en 2026 son plus faible nombre de cas de dengue depuis plus de vingt ans. Les autorités se félicitent de cette avancée, tout en maintenant une vigilance constante. La combinaison de moustiques stériles, de surveillance renforcée, de sanctions et d’outils technologiques a permis de réduire significativement la menace. Cependant, le pays reste conscient que la lutte contre les moustiques est un combat permanent, surtout dans un climat tropical propice à leur prolifération. Les efforts se poursuivent pour consolider ces résultats et éviter une résurgence des épidémies.

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