Lula touché, bientôt coulé face au “tsunami bolsonariste”
Flávio Bolsonaro a remporté le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 4 octobre, avec plus de 2 millions de voix d’avance. L’espoir d’un retournement du vote au second tour, le 25 octobre, est mince.
Lors du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, organisé le 4 octobre 2026, le candidat de droite Flávio Bolsonaro a obtenu 47 % des voix, devançant le président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, crédité de 45 %. Cette avance de 2,2 millions de voix place Flávio Bolsonaro en position de force pour le second tour prévu le 25 octobre 2026. Lula, âgé de près de 81 ans, a reconnu son échec en déclarant : J’étais convaincu que j’allais remporter cette élection dès le premier tour. Le Brésil se trouve ainsi à un moment charnière, où la droite semble dominer la scène politique, même si le résultat final reste incertain.
Le second tour de l'élection présidentielle brésilienne n’est pas le seul enjeu : la droite a déjà remporté une victoire majeure au niveau des institutions. Au Congrès, le Parti libéral (PL) de Bolsonaro a progressé de 99 à 121 députés, devenant le plus grand bloc parlementaire depuis 1990. Au Sénat, le PL passe de 15 à 28 sièges, incluant ceux de Michelle Bolsonaro (épouse de Jair Bolsonaro) et de Carlos Bolsonaro (un de ses fils). Le Parti progressiste (PP), autre formation de droite, compte désormais 88 élus. Selon le chroniqueur Sergio Denicoli, la droite gouvernera le pays, quel que soit le président élu, soulignant que le futur président devra composer avec un Congrès et un Sénat majoritairement conservateurs.
Le Brésil est un pays de 215 millions d’habitants où les élections présidentielles se déroulent en deux tours si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier. Le Parti des travailleurs (PT) de Lula, traditionnellement ancré à gauche, voit son influence s’effriter face à la montée des forces conservatrices. Le terme tsunami bolsonariste utilisé dans l’article fait référence à la vague électorale portée par la famille Bolsonaro, dont Flávio Bolsonaro est une figure montante. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de virage à droite en Amérique latine, observable depuis 2025-2026. Le résultat du second tour déterminera si ce mouvement se confirme ou s’il rencontre une résistance.
Malgré l’avance de Flávio Bolsonaro, le second tour reste ouvert, bien que les chances de Lula semblent minces. Le PT mise sur un retournement du vote dans des régions comme le Nordeste, bastion historique de la gauche, où l’électorat de Lula s’effrite selon des analyses locales. Cependant, la droite domine désormais la plupart des États et des institutions, ce qui limite la marge de manœuvre d’un éventuel président de gauche. Le chroniqueur Sergio Denicoli résume cette situation en affirmant que *le vainqueur du second tour accédera au palais du Planalto [le palais présidentiel] dans un pays politiquement beaucoup plus conservateur*, soulignant les défis institutionnels auxquels Lula ou Bolsonaro devront faire face.

