Churchill Falls : pas de certitude qu’il y aura un accord, prévient le PM de T.-N.-L.
Christine Fréchette a pourtant déclaré en début de semaine qu’elle avait bon espoir de clore les négociations..
Les négociations entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec concernant le projet hydroélectrique de Churchill Falls restent incertaines. Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, a déclaré que les discussions progressaient, mais qu’aucun accord définitif n’était garanti. Il a précisé que les négociateurs travaillaient activement, sans pour autant pouvoir confirmer une issue favorable. Cette prudence contraste avec l’optimisme affiché par la première ministre du Québec, Christine Fréchette, qui a évoqué une possible conclusion des négociations dans les prochaines semaines. Les deux dirigeants se sont rencontrés lors du Conseil de la fédération, une réunion annuelle des premiers ministres provinciaux, tenue à Charlottetown en juillet 2026.
Le projet Churchill Falls vise à développer la capacité hydroélectrique du fleuve Churchill, situé au Labrador, une région de Terre-Neuve-et-Labrador. Ce projet, initialement proposé en décembre 2024, cherche à augmenter la production d’électricité et à faciliter son transport vers les marchés d’exportation. Terre-Neuve-et-Labrador souhaite en tirer davantage de bénéfices, notamment en termes de revenus et de contrôle sur la ressource. Le Labrador, bien que faisant géographiquement partie de Terre-Neuve-et-Labrador, est au cœur d’un différend frontalier historique avec le Québec, ce qui ajoute une dimension politique complexe aux négociations.
Tony Wakeham a rappelé que le Labrador est et restera une partie intégrante de Terre-Neuve-et-Labrador, en réponse à des questions sur la frontière entre les deux provinces. Ce rappel intervient dans un contexte où le Québec conteste partiellement la souveraineté de Terre-Neuve-et-Labrador sur cette région. Le différend remonte à une décision rendue en 1927 par le Conseil privé britannique, qui a attribué une partie du Labrador à Terre-Neuve, alors encore indépendante du Canada. Le Parti québécois, par la voix de son porte-parole en énergie Pascal Paradis, a conditionné tout accord énergétique à une compensation liée à cette décision historique.
Le Québec, représenté par Christine Fréchette, affiche un optimisme mesuré quant à la conclusion rapide des négociations, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador adopte une posture plus prudente. Tony Wakeham a souligné que des discussions supplémentaires étaient nécessaires pour aboutir à un accord. Le Parti québécois, quant à lui, a indiqué être prêt à signer un accord énergétique avec Terre-Neuve-et-Labrador, mais uniquement si celui-ci inclut une compensation financière ou territoriale liée à la décision de 1927. Ces positions reflètent des enjeux à la fois économiques et politiques, où l’énergie et la souveraineté territoriale s’entremêlent.

