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Environnement

Après deux premières années chaotiques, l’EPR de Flamanville va être mis à l’arrêt pendant près d’un an

Vert.eco · mis à jour 25 sept.

Le dernier-né des réacteurs nucléaires français sera mis à l’arrêt samedi pour une vaste opération de réparation qui durera au moins 350 jours et coûtera plusieurs centaines de millions d’euros. En deux ans de fonctionnement, le réacteur n’a jamais atteint les performances annoncées..

Arrêt prolongé de l'EPR

L’EPR de Flamanville, dernier réacteur nucléaire français, sera mis à l’arrêt pour une durée d’environ 350 jours à partir du 25 septembre 2026. Cette opération, qualifiée de « visite complète », est une étape réglementaire imposée à tous les nouveaux réacteurs dans les trente mois suivant leur mise en service. Cependant, cet arrêt sera exceptionnellement long et coûteux en raison d’un problème majeur : le remplacement du couvercle de la cuve du réacteur, défectueux depuis sa construction. EDF devra investir plusieurs centaines de millions d’euros supplémentaires pour cette réparation, portant la facture totale du projet à plus de 23,7 milliards d’euros, contre 3,2 milliards initialement prévus. L’objectif est de permettre au réacteur de fonctionner à pleine puissance après cette maintenance.

Problèmes initiaux du réacteur

Depuis son raccordement au réseau électrique le 21 décembre 2024, après douze ans de retard, l’EPR de Flamanville a connu des débuts difficiles. En près de deux ans, il n’a produit que 10 térawattheures (TWh) d’électricité, soit 40 % de sa puissance cible, alors qu’EDF prévoyait 14 TWh. Le réacteur a été arrêté à treize reprises, restant inactif 44 % du temps. Pendant ces périodes, sa production journalière a parfois été négative, signifiant qu’il consommait plus d’énergie qu’il n’en produisait. Ces dysfonctionnements ont conduit à une production très en dessous des attentes initiales, malgré les annonces optimistes de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN).

Origine des difficultés techniques

Le problème central de l’EPR de Flamanville remonte à sa construction. Le couvercle de la cuve du réacteur, pièce essentielle qui ferme le cœur du réacteur, présentait un défaut dès l’origine. En mai 2023, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait autorisé EDF à utiliser temporairement ce couvercle défectueux pour éviter un report d’un an de la mise en service. Cependant, ce compromis a conduit à des arrêts fréquents et à une production d’électricité insuffisante. Le remplacement de cette pièce, initialement prévu avant la mise en service, est désormais indispensable pour garantir la fiabilité et la sécurité du réacteur.

Conséquences économiques

Le chantier de l’EPR de Flamanville, initialement budgété à 3,2 milliards d’euros en 2007, a vu son coût exploser pour atteindre 23,7 milliards d’euros selon la Cour des comptes. Cet investissement colossal s’explique par les retards, les surcoûts et les corrections techniques nécessaires. L’arrêt prolongé pour maintenance, estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, s’ajoute à cette facture déjà très élevée. Malgré ces dépenses, le réacteur peine à atteindre les performances annoncées, ce qui interroge sur sa rentabilité à long terme. La SFEN, porte-parole du nucléaire en France, assure que cette opération permettra enfin une « routine opérationnelle » optimale.

Ce que ça pourrait changer

Si le planning est respecté, l’EPR de Flamanville devrait redémarrer le 11 septembre 2027, après 350 jours d’arrêt. Ce délai inclut le remplacement du couvercle défectueux et une série de vérifications complètes. Une fois opérationnel, le réacteur devrait fonctionner à pleine puissance, comme prévu initialement. Cependant, les deux premières années de fonctionnement ont montré que les promesses initiales n’ont pas été tenues. Les responsables du projet espèrent que cette maintenance permettra de corriger ces dysfonctionnements et de valider enfin les performances attendues de ce réacteur de troisième génération.

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