Comment Zeffy, le « cousin » nord-américain de HelloAsso
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Zeffy est une plateforme nord-américaine de collecte de fonds pour les associations, fondée en 2018 par deux Français, François de Kerret et Thibaut Jaurou. Elle fonctionne sur un modèle similaire à HelloAsso, une autre plateforme française créée en 2009, mais Zeffy se concentre sur le Canada et les États-Unis. Contrairement à de nombreuses plateformes, Zeffy ne prélève aucune commission sur les dons. Elle se finance grâce aux contributions volontaires des donateurs, qui représentent en moyenne 4,5 % des sommes collectées. En 2026, Zeffy a permis à 130 000 associations de lever un total de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros). La startup génère 46 millions de dollars de revenus nets annuels et double de taille chaque année, avec une croissance proche de 100 % par an. Son siège social compte 44 salariés, dont 20 en France.
Le modèle économique de Zeffy repose sur les contributions volontaires (ou tips), une pratique courante en Amérique du Nord où les clients ont l’habitude de laisser un pourboire dans divers services comme les taxis ou les restaurants. Ces contributions, qui s’élèvent en moyenne à 4,5 % des dons, permettent à Zeffy de couvrir ses frais sans prélever de commission. En 2026, la plateforme prévoit de recueillir environ 100 millions de dollars de contributions volontaires. Environ la moitié de cette somme sert à payer les frais bancaires et de paiement, tandis que l’autre moitié représente un revenu net d’environ 50 millions de dollars. Ce modèle permet à Zeffy de concurrencer des géants comme PayPal, malgré un marché très concurrentiel. La startup a levé seulement 4,5 millions de dollars canadiens (2,8 millions d’euros) en deux tours de table et souhaite rester indépendante.
Zeffy affiche une croissance annuelle de près de 100 %, mais limite l’augmentation de ses effectifs pour maîtriser ses coûts. En trois ans, son activité a été multipliée par 10, tandis que ses équipes n’ont « que » doublé, passant de 22 à 44 salariés. Cette performance repose sur une forte automatisation, notamment grâce à l’intelligence artificielle (IA). Dans le support client, un premier niveau d’IA, alimenté par une base de connaissances interne, gère environ 80 % des demandes. Zeffy développe également une IA interne connectée aux données de chaque utilisateur, ce qui permet de fournir des réponses personnalisées et contextualisées. Par exemple, une association peut obtenir une explication précise sur un virement bloqué, sans avoir à reconstituer son dossier.
Zeffy se positionne comme un assistant technologique pour les petites associations, en leur offrant des outils avancés pour gérer leurs dons et leurs relations avec les donateurs. La plateforme intègre des fonctions de CRM (Customer Relationship Management, ou gestion de la relation client), permettant de suivre les contacts, les dons récurrents et les communications. Actuellement, de nombreuses associations gèrent encore leurs données avec des outils basiques comme Excel et Outlook, ce qui limite leur efficacité. Zeffy vise à devenir l’outil central pour ces structures, en ajoutant des fonctionnalités administratives et comptables. À terme, la plateforme pourrait suggérer des actions comme relancer des donateurs inactifs ou lancer des programmes d’adhésion, en s’appuyant sur des données comparatives.
Après avoir conquis le Canada et les États-Unis, Zeffy s’étend à l’international. En 2026, la plateforme a ouvert des marchés au Royaume-Uni et en Australie. Au Royaume-Uni, elle est passée de 0 % à environ 1 % des associations du pays en seulement huit mois. L’Allemagne est identifiée comme le principal chantier européen, suivie par l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. En revanche, la France n’est pas une priorité immédiate pour Zeffy. HelloAsso, déjà bien implanté dans le pays, domine le marché local. François de Kerret, cofondateur de Zeffy, n’exclut pas une arrivée en France à l’avenir, mais seulement lorsque la plateforme aura élargi ses fonctionnalités au-delà de la collecte de fonds, notamment avec des outils de CRM et d’assistance par IA.
Le lien entre Zeffy et HelloAsso n’est pas anodin. Les deux plateformes partagent un modèle économique similaire, basé sur la collecte de fonds sans commission. Les cofondateurs de HelloAsso, Ismaël Le Mouël et Léa Thomassin, ont même investi personnellement dans Zeffy dès 2019, reconnaissant la complémentarité des deux acteurs sur des marchés distincts. François de Kerret, cofondateur de Zeffy, souligne qu’il n’y a pas de concurrence directe entre les deux plateformes, car elles opèrent sur des territoires différents. Avant de lancer Zeffy, de Kerret avait travaillé dans une startup chilienne, où il avait côtoyé Arthur Mensch, futur cofondateur de Mistral AI, un autre acteur majeur de l’IA en France.

