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Géopolitique

En Cisjordanie occupée, le sabotage agricole

Courrier International · mis à jour il y a 14 h

Pour pousser les agriculteurs à abandonner leurs terres, les colons israéliens ont recours à plusieurs manœuvres d’intimidation, non sans la complicité de Tsahal, tandis que le grignotage du territoire palestinien rend impossible l’accès à certains champs cultivables, raconte “Al-Jazeera”..

Contexte géopolitique

La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où vivent environ 3 millions de Palestiniens et 450 000 colons israéliens. Ces derniers s’installent dans des colonies (villages ou villes construits par Israël sur des terres palestiniennes, souvent considérées comme illégales au regard du droit international). Depuis 2024, l’expansion de ces colonies s’est intensifiée autour de Beit Ummar, une zone agricole située au nord d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Les colons utilisent des méthodes d’intimidation, comme le sabotage agricole, pour pousser les Palestiniens à abandonner leurs terres. Ce phénomène s’ajoute à d’autres restrictions, comme l’accès limité à certaines parcelles ou la destruction de cultures par l’armée israélienne (Tsahal), accusée de complicité passive ou active dans ces pratiques.

Témoignage d'une agricultrice

Theeba Al-Sabaa, une Palestinienne de 56 ans, cultive des terres familiales à Beit Ummar depuis des décennies. Elle décrit un combat quotidien contre l’extension des colonies israéliennes, qui l’empêchent d’accéder à certaines de ses parcelles. Depuis mi-2024, des colons libèrent régulièrement leur bétail sur ses champs, écrasant et broutant les cultures après qu’elle les a labourés. Ces actes, répétés et ciblés, visent à rendre l’agriculture impossible et à la décourager de rester sur ses terres. Theeba refuse d’abandonner, affirmant avoir travaillé dur pour ces terres et y avoir investi l’énergie de sa famille. Son témoignage illustre la pression constante exercée sur les agriculteurs palestiniens, dont les moyens de subsistance dépendent de l’accès à leurs champs.

Méthodes de sabotage

Les colons israéliens emploient plusieurs tactiques pour nuire aux agriculteurs palestiniens. Outre le lâcher de bétail sur les cultures, ils s’approchent fréquemment des habitations, surveillent les déplacements des paysans et volent parfois les récoltes. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de grignotage territorial, où les colonies s’étendent progressivement, réduisant l’espace disponible pour l’agriculture palestinienne. Les Palestiniens dénoncent l’inaction de l’armée israélienne (Tsahal), qui est souvent présente sur place mais n’intervient pas pour protéger les agriculteurs. Ces méthodes visent à créer un climat de terreur et à forcer les familles à quitter leurs terres, parfois sous la menace ou après des destructions répétées.

Rôle de l'armée israélienne

L’armée israélienne (Tsahal) est régulièrement accusée de complicité dans ces actes de sabotage. Bien qu’elle soit déployée en Cisjordanie pour assurer la sécurité, les agriculteurs palestiniens rapportent que les soldats ne protègent pas leurs terres contre les colons. Dans certains cas, Tsahal serait même impliquée dans la destruction de cultures ou l’expulsion de Palestiniens, comme le suggère l’article. Cette passivité, voire cette implication directe, renforce le sentiment d’impunité des colons et aggrave la pression sur les communautés agricoles. Les restrictions imposées par l’armée, comme les zones militaires fermées ou les checkpoints, limitent également l’accès aux terres et compliquent la vie des paysans.

Conséquences économiques

L’agriculture représente une part importante de l’économie palestinienne en Cisjordanie, employant des milliers de familles et assurant une partie de leur subsistance. Les sabotages répétés des colons entraînent des pertes financières directes pour les agriculteurs, qui voient leurs récoltes détruites ou leurs champs rendus inutilisables. Theeba Al-Sabaa, par exemple, doit consacrer une grande partie de son temps et de ses ressources à défendre ses terres au lieu de se concentrer sur la production. Ces attaques aggravent la précarité des familles palestiniennes, déjà confrontées à des difficultés économiques accrues en raison des restrictions imposées par l’occupation israélienne. À plus grande échelle, ces pratiques contribuent à l’appauvrissement des communautés rurales et à l’exode rural.

Ce que ça pourrait changer

Les sabotages agricoles en Cisjordanie s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre Israéliens et Palestiniens. Les colons israéliens, souvent soutenus par des groupes politiques d’extrême droite, considèrent ces terres comme leur propriété légitime, en vertu de revendications historiques ou religieuses. Les Palestiniens, de leur côté, voient ces actes comme une tentative de les déposséder de leurs moyens de subsistance et de leur identité. Les organisations de défense des droits humains dénoncent ces pratiques, mais les mécanismes de protection internationale restent limités. En 2026, la situation continue de se dégrader, avec une expansion accrue des colonies et une intensification des violences contre les agriculteurs.

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