Une carte de la prise de contrôle du détroit de Bab El-Mandeb par les houthistes
Le groupe rebelle yéménite a continué sa progression militaire sur la côte de la mer Rouge, qu’il contrôle désormais entièrement. Il s’est même emparé de l’île de Mayoun, située au milieu du détroit de Bab El-Mandeb.
En septembre 2026, les houthistes, un groupe rebelle yéménite, ont pris le contrôle de la totalité de la côte yéménite bordant la mer Rouge. Cette avancée militaire majeure leur permet désormais de dominer entièrement cette zone stratégique, après avoir conquis la ville côtière de Moka le 10 septembre 2026. Les houthistes sont en guerre contre l'Arabie saoudite et sont soutenus par l'Iran, ce qui ajoute une dimension régionale à ce conflit. Le détroit de Bab El-Mandeb, qu'ils contrôlent désormais, est un passage maritime crucial reliant l'océan Indien à la Méditerranée via le canal de Suez en Égypte. Ce détroit est large de moins de 30 kilomètres à son point le plus étroit, séparant le Yémen de Djibouti.
Le 11 septembre 2026, les houthistes ont saisi l'île de Mayoun, aussi appelée Perim, située au milieu du détroit de Bab El-Mandeb. Cette île est d'une importance capitale car elle se trouve dans la partie la plus étroite du détroit, où la distance entre le Yémen et Djibouti est inférieure à 30 kilomètres. Les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la communauté internationale, se sont retirées de l'île avant l'arrivée des rebelles, leur offrant ainsi un avantage stratégique sans combat. Le contrôle de cette île permet aux houthistes de filtrer plus facilement le trafic maritime passant par le détroit, renforçant leur capacité à perturber les routes commerciales.
Le détroit de Bab El-Mandeb est l'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, car il relie l'océan Indien à la Méditerranée via le canal de Suez. Environ 12 % du commerce mondial transite par cette route, notamment le pétrole en provenance du Golfe persique vers l'Europe et l'Amérique du Nord. Depuis des mois, les houthistes perturbaient déjà le trafic en attaquant des navires liés à Israël ou à l'Arabie saoudite. Avec le contrôle total de la côte yéménite et de l'île de Mayoun, ils peuvent désormais exercer un filtrage plus strict des navires, ciblant spécifiquement ceux qu'ils jugent hostiles ou liés à leurs ennemis. Cette situation menace la stabilité des échanges internationaux et pourrait entraîner une hausse des coûts logistiques.
La prise de contrôle par les houthistes du détroit de Bab El-Mandeb est perçue comme une « mauvaise nouvelle » par les pays voisins et les puissances occidentales, notamment les États-Unis. Ces derniers, engagés dans une confrontation indirecte avec l'Iran, voient dans cette avancée une menace pour leurs intérêts stratégiques. Les États-Unis et leurs alliés pourraient être contraints d'intervenir militairement pour sécuriser la route maritime, ce qui risquerait d'aggraver les tensions dans la région. Par ailleurs, les pays dépendants des importations de pétrole, comme ceux d'Europe, pourraient subir des perturbations dans leurs approvisionnements énergétiques.
Le détroit de Bab El-Mandeb est un point de passage incontournable pour le commerce mondial, notamment pour le transport de pétrole. Environ 4,8 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par cette route. Une perturbation prolongée pourrait entraîner une hausse des prix de l'énergie et une pénurie dans certains pays. De plus, le canal de Suez, situé à proximité, pourrait voir son trafic diminuer si les navires choisissent des routes alternatives plus longues et plus coûteuses, comme le cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud. Cela aurait des répercussions économiques mondiales, notamment sur les prix des denrées alimentaires et des produits manufacturés.

