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Plus de 160 000 immigrants pourront voter pour la première fois au Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

Plus de 160 000 immigrants et immigrantes pourront voter pour la première fois aux élections du 5 octobre..

Nouveaux électeurs immigrants

Plus de 161 000 personnes ayant obtenu la citoyenneté canadienne pourront voter pour la première fois aux élections québécoises du 5 octobre 2026. Ce chiffre représente une augmentation de 50 % par rapport aux 106 000 nouveaux citoyens ayant voté entre 2018 et 2022. Ces électeurs sont des immigrants ayant quitté leur pays d'origine pour s'installer au Québec. Le droit de vote leur est accordé après l'obtention de la citoyenneté canadienne, un processus qui peut prendre plusieurs années. Par exemple, Paula Alvarez, une Hondurienne arrivée au Québec dans les années 1980, a obtenu ce droit en 1994. Elle souligne l'importance de participer au vote pour influencer les décisions politiques, un engagement qu'elle partage avec d'autres immigrants comme Yisel Perez Acosta, conseillère en intégration à l'Accueil aux immigrants de l'Est de Montréal (AEIM).

Défis d'intégration

L'intégration des immigrants au Québec fait face à des défis majeurs, notamment en matière de logement et d'accès aux services publics. Yisel Perez Acosta, d'origine cubaine, observe une baisse significative de la demande de logements parmi les nouveaux arrivants depuis 2025, en raison des restrictions imposées à l'immigration par le gouvernement de François Legault. Ces mesures visent à limiter le nombre d'immigrants accueillis chaque année, avec un objectif de 45 000 résidents permanents par an jusqu'en 2029, contre 60 000 en 2025. Perez Acosta souligne que les problèmes de logement et de santé ne sont pas causés par les immigrants, mais par un manque de planification stratégique des ressources. Elle plaide pour une immigration mieux contrôlée, adaptée aux besoins économiques du Québec, comme dans les secteurs de l'agriculture où les travailleurs locaux sont rares.

Rôle économique des immigrants

Les immigrants jouent un rôle clé dans l'économie québécoise, notamment dans des secteurs comme l'agriculture et l'industrie pharmaceutique. Robert Beauregard, producteur de tomates à Rougemont, emploie principalement des travailleurs agricoles d'origine latino-américaine ou africaine, car les Québécois de souche sont peu nombreux à postuler pour ces emplois. De même, le Groupe pharmaceutique Duchesnay, basé à Blainville, compte 18 % de ses effectifs nés à l'étranger, une diversité qui favorise son expansion internationale, notamment dans 50 pays. Daniela Montes, employée d'origine colombienne, et Belkacem Debbou, superviseur algérien, soulignent que cette main-d'œuvre qualifiée est essentielle pour la croissance des entreprises. Les immigrants apportent aussi des perspectives variées, utiles dans un contexte économique globalisé.

Engagement politique et langue

Pour les immigrants, voter est un devoir citoyen qu'ils transmettent souvent à leurs enfants. Belkacem Debbou, arrivé au Québec il y a 20 ans, emmène régulièrement sa famille voter pour leur inculquer l'importance de la participation démocratique. Daniela Montes, étudiante en développement de médicaments, met en avant l'importance de préserver le français tout en reconnaissant le rôle de l'anglais dans les échanges internationaux. Elle souligne que le Québec, en tant que société bilingue, peut tirer profit de cette dualité linguistique. Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), rappelle que voter est un droit constitutionnel et un moyen de défendre les intérêts des communautés immigrantes.

Débat électoral sur l'immigration

Le débat sur l'immigration occupe une place centrale dans la campagne électorale québécoise de 2026. Les partis politiques proposent des approches très différentes : la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite limiter l'immigration à 45 000 résidents permanents par an jusqu'en 2029, tandis que le Parti québécois propose un plafond de 35 000 et Québec solidaire vise 70 000. Le Parti libéral, quant à lui, propose une fourchette de 45 000 à 70 000 immigrants par an. Stephan Reichhold, du TCRI, critique les propos du chef conservateur Eric Duhaime, qui a accusé les demandeurs d'asile d'abuser des services publics, un discours jugé dangereux. Il note cependant que le débat actuel est moins radical qu'en 2018, lorsque la CAQ avait promis d'expulser les immigrants ne respectant pas les valeurs québécoises ou refusant de s'installer en région.

Ce que ça pourrait changer

Les immigrants non francophones au Québec ont tendance à voter majoritairement pour le Parti libéral, selon Evelyne Brie, professeure de science politique à l'Université de Montréal. Ce parti, qui défend une option fédéraliste, semble cohérent avec l'identité canadienne des nouveaux citoyens. Les libéraux bénéficient d'un soutien stable de 60 % chez les non-francophones, un électorat qui pourrait peser davantage dans les régions comme Laval ou Brossard, où l'immigration est en hausse. Cependant, d'autres partis comme la CAQ, le Parti québécois ou Québec solidaire comptent aussi des députés d'origine immigrante. Par exemple, Lionel Carmant (CAQ) et Ruba Ghazal (Québec solidaire) sont des élus nés à l'étranger. Le Parti québécois, bien que n'ayant actuellement aucun député immigrant, a déjà eu des représentants de ce profil dans le passé, comme Joseph Facal (Uruguay) ou Maka Kotto (Cameroun).

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