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Géopolitique

Le mouvement lycéen s’essouffle-t-il ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 28 j

375 lycées étaient perturbés jeudi à la mi-journée – contre 891 mardi L’article Le mouvement lycéen s’essouffle-t-il ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Mouvement lycéen en baisse

Le mouvement de protestation des lycéens en France, qui a connu son pic mardi 6 octobre 2026 avec des perturbations dans près d’un quart des 3 700 lycées du pays (891 établissements), montre des signes d’essoufflement. Jeudi 8 octobre, seulement 375 lycées étaient encore concernés par des perturbations, dont 224 où les cours étaient suspendus et 151 où ils étaient simplement perturbés. Cela représente une baisse de 18 % par rapport à la veille (mercredi 7 octobre) et de 58 % par rapport au pic du mardi. Ces chiffres, bien que provisoires, illustrent un recul marqué de la mobilisation en quelques jours. Le mouvement avait débuté le 28 septembre 2026 et s’est concentré principalement en Île-de-France, région d’où il est parti.

Soutien modéré des Français

Selon un sondage Elabe réalisé les 6 et 7 octobre 2026, une majorité de Français (55 %) approuve la mobilisation des lycéens, mais seulement un quart (26 %) déclare la soutenir activement. Bien que les revendications des lycéens soient perçues comme « légitimes » par 72 % des sondés, ce mouvement reste moins populaire que d’autres grandes mobilisations récentes. Par exemple, le mouvement des Gilets jaunes avait bénéficié d’un soutien de 73 % à ses débuts, celui des agriculteurs en 2024 de 83 %, et celui des personnels des urgences hospitalières en 2019 de 88 %. Le mouvement lycéen se situe ainsi en dessous de la moyenne d’approbation (60 %) des mobilisations sondées par Elabe depuis 2017.

Répression policière intense

Le mouvement lycéen a fait l’objet d’une répression policière particulièrement forte. Entre le 28 septembre et le 6 octobre 2026, plus de 1 900 interpellations ont été recensées en une seule journée (jeudi 1er octobre), soit un total de près de 950 interpellations par jour en moyenne sur cette période. À titre de comparaison, lors de l’acte IV du mouvement des Gilets jaunes (8 décembre 2018), 1 700 interpellations avaient été enregistrées en une journée. Sur six mois (2018-2019), les forces de l’ordre avaient procédé à près de 12 000 interpellations pour ce mouvement, soit une moyenne de 480 par jour de mobilisation. La répression actuelle est donc deux fois plus élevée que celle subie par les Gilets jaunes.

Violences et dégradations

Les tensions liées au mouvement lycéen ont également donné lieu à des violences, des affrontements et des dégradations dans certains établissements. Jeudi 8 octobre 2026 à la mi-journée, une vingtaine de lycées en France avaient recensé de tels incidents. Ces actes ont principalement eu lieu en Île-de-France, région où le mouvement a démarré et où 145 lycées étaient encore perturbés à la même période. Ces violences, bien que minoritaires, contribuent à alimenter les débats sur la légitimité et les méthodes de la mobilisation.

Ce que ça pourrait changer

La cartographie des lycées perturbés en France révèle une mobilisation relativement homogène, mais avec une concentration marquée en Île-de-France. Cette région, qui abrite la capitale, a été le foyer initial du mouvement. Jeudi 8 octobre 2026, 145 lycées étaient encore touchés dans cette zone, contre un nombre bien moindre dans le reste du pays. Cette localisation géographique peut s’expliquer par la densité des établissements scolaires et la proximité des lieux de décision politique, mais aussi par une dynamique de mobilisation plus forte dans les grandes villes.

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