SpaceX entre au prestigieux Nasdaq, et se vautre dès son premier jour
Moins d'un mois après son introduction en Bourse, SpaceX a réussi à faire plier les règles du prestigieux Nasdaq-100 pour y intégrer ses actions à vitesse grand V. Mais le décollage a tourné au fiasco : pour sa toute première journée dans la cour des grands, la fusée d’Elon Musk a brutalement bu la tasse..
SpaceX, l’entreprise aérospatiale fondée par Elon Musk, a rejoint le Nasdaq-100 le 7 juillet 2024. Cet indice boursier regroupe les 100 plus grandes entreprises non financières cotées sur le marché Nasdaq, comme Apple, Microsoft ou Amazon. Intégrer ce club très fermé est une reconnaissance majeure, car il sert de référence à des milliers d’investisseurs dans le monde entier. Habituellement, une entreprise doit attendre au moins 3 mois après son introduction en Bourse pour espérer y figurer. Cependant, SpaceX a bénéficié d’un traitement accéléré : le Nasdaq a réduit ce délai à seulement 15 jours, une décision exceptionnelle prise spécialement pour permettre à l’entreprise d’y entrer rapidement.
L’intégration de SpaceX dans le Nasdaq-100 déclenche un mécanisme automatique : plus de 200 fonds d’investissement à travers le monde, qui répliquent la composition de l’indice, doivent acheter des actions de l’entreprise. Ces fonds, appelés fonds indiciels, gèrent collectivement une somme colossale de 800 milliards de dollars. Leur règle est simple : pour rester fidèles à l’indice, ils doivent acheter des parts de SpaceX dès son entrée, même si les investisseurs particuliers ne font rien. L’objectif était de faire monter le cours de l’action grâce à cette demande massive et automatique.
Le premier jour de SpaceX dans le Nasdaq-100, le 7 juillet 2024, s’est soldé par un échec : l’action a chuté de 6,8 %, passant sous la barre des 150 dollars. Ce résultat contraste fortement avec les espoirs initiaux, car l’action avait atteint plus de 200 dollars lors de l’euphorie de son introduction en Bourse. Plusieurs raisons expliquent ce revers. D’abord, des spéculateurs et des fonds spécialisés dans les paris financiers avaient déjà acheté massivement l’action la semaine précédente, anticipant l’effet positif de l’intégration. Une fois celle-ci officialisée, ils ont revendu leurs parts pour réaliser leurs gains, ce qui a fait baisser le cours.
Un autre facteur a joué contre SpaceX : son influence réelle dans le Nasdaq-100 reste très faible. Lors de son introduction en Bourse, l’entreprise n’a mis en vente que 5 % de son capital, ce qui limite le nombre d’actions disponibles sur le marché. Résultat, son poids dans l’indice est actuellement de seulement 1 %. Cette faible proportion a réduit l’impact de l’effet automatique des fonds indiciels, incapable de compenser la pression des ventes des spéculateurs. La volatilité de l’action pourrait donc persister, car l’équilibre entre offre et demande reste fragile.

