“Une escarmouche qui dégénère” : regain de tension entre la Hongrie et l’Ukraine
Après un réchauffement consécutif à l’élection du nouveau Premier ministre hongrois, Peter Magyar, Budapest et Kiev sont de nouveau en froid. Deux projets stratégiques régionaux, qui sont aussi des enjeux de politique intérieure pour le successeur de Viktor Orban, sont en cause, analysent les médias des deux pays..
Le C8 (ou Huit des Carpates) est un nouveau forum économique lancé le 18 septembre 2026 à l’initiative de l’Ukraine. Il vise à renforcer la coopération entre huit pays d’Europe centrale et orientale : la Pologne, la Roumanie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Serbie, l’Autriche et la Hongrie. Ce sommet inaugural, présidé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, devait symboliser une alliance économique autour des Carpates, une chaîne de montagnes traversant plusieurs de ces pays. L’objectif affiché est de favoriser les échanges commerciaux, les investissements et la stabilité régionale. Cependant, la Hongrie, représentée par son Premier ministre Peter Magyar, a décidé de ne pas participer, qualifiant cette exclusion de mépris démonstratif de la part de l’Ukraine.
Le 20 septembre 2026, le Premier ministre hongrois Peter Magyar a également rejeté un protocole d’accord entre le groupe énergétique hongrois MOL et la compagnie pétrolière ukrainienne Naftohaz. Cet accord prévoyait le stockage de carburant ukrainien en Hongrie, une mesure stratégique pour sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Ukraine en cas de crise. Magyar a justifié son refus en invoquant un manque d’information préalable sur l’initiative du C8, mais aussi une opposition politique plus large envers l’Ukraine. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, notamment sur des questions économiques et diplomatiques.
Ces deux refus (le non-participation au C8 et le blocage de l’accord MOL-Naftohaz) illustrent un *regain de tension* entre la Hongrie et l’Ukraine. Selon le portail d’information ukrainien **Zakhidniy Front**, Budapest adopte désormais une position plus agressive, refusant même des collaborations techniques pourtant cruciales pour l’Ukraine. La Hongrie, dirigée par Peter Magyar, semble ainsi marquer une distance nette avec les initiatives ukrainiennes, malgré leur potentiel bénéfique pour la région. Ces tensions s’ajoutent à d’autres désaccords, comme la *votation* organisée par la Hongrie contre l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, un sujet déjà sensible entre les deux pays.

