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Géopolitique

Le Pérou déclare l’état d’urgence autour des cinq plus grandes prisons du pays

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

La nouvelle présidente péruvienne d’extrême droite Keiko Fujimori a décrété l’état d’urgence dans et autour de cinq établissements pénitentiaires. Une partie des droits fondamentaux des détenus ont été suspendus afin de faciliter les opérations des policiers et des militaires..

Urgence au Pérou

Le 5 septembre 2026, la présidente du Pérou, Keiko Fujimori, a décrété l’état d’urgence dans un rayon de 200 mètres autour de cinq des prisons les plus dangereuses du pays. Cette mesure, valable pour une durée de 60 jours, vise à renforcer la sécurité dans et aux abords de ces établissements pénitentiaires. L’état d’urgence est une procédure exceptionnelle qui permet aux autorités de suspendre temporairement certains droits fondamentaux pour rétablir l’ordre ou faire face à une crise. Ici, il autorise la police et l’armée à mener des opérations permanentes, comme des perquisitions ou des contrôles renforcés, afin de lutter contre la criminalité organisée et les tentatives d’évasion.

Droits suspendus

Dans le cadre de cette mesure, trois droits constitutionnels sont suspendus dans la zone concernée : la liberté de circulation, la liberté de réunion et la sécurité personnelle. Cela signifie que les forces de l’ordre peuvent restreindre les déplacements des personnes, interdire les rassemblements et effectuer des contrôles d’identité ou des fouilles sans justification préalable. Ces suspensions sont justifiées par la nécessité de démanteler les réseaux criminels qui opèrent depuis l’intérieur des prisons, notamment en saisissant des armes, en interceptant les communications des détenus ou en détruisant les antennes de télécommunication installées à l’extérieur pour contourner les restrictions.

Objectifs des opérations

Les opérations menées par les autorités ont plusieurs objectifs précis. Elles visent d’abord à saisir des armes et des objets interdits à l’intérieur des prisons, souvent introduits par des visiteurs ou des complices. Ensuite, elles cherchent à déjouer les tentatives d’évasion en renforçant les contrôles aux abords des établissements. Enfin, elles permettent de démanteler les canaux de communication des détenus, notamment en confisquant les téléphones portables des visiteurs ou en détruisant les antennes de télécommunication installées illégalement à proximité. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de lutte contre le crime organisé au Pérou.

Réactions politiques

Cette décision a suscité des réactions contrastées. Certains médias de droite, favorables à la politique de Keiko Fujimori, ont salué cette mesure comme une réponse nécessaire à l’insécurité croissante dans les prisons péruviennes. À l’inverse, des médias d’opposition, comme le site Hildebrandt en sus Trece, ont exprimé des inquiétudes. Ils soulignent que les pouvoirs accordés aux militaires rappellent les méthodes utilisées dans les années 1990, sous le régime autoritaire d’Alberto Fujimori, père de la présidente actuelle. Ces critiques craignent que cette mesure ne renforce la répression plutôt que de résoudre les problèmes structurels des prisons péruviennes.

Ce que ça pourrait changer

Keiko Fujimori, figure de l’extrême droite péruvienne, a succédé à un président dont le mandat a été marqué par une forte insécurité et une criminalité en hausse. Les prisons péruviennes sont souvent critiquées pour leur surpopulation, leurs conditions de détention précaires et leur contrôle insuffisant par les autorités. Dans ce contexte, la déclaration de l’état d’urgence s’inscrit dans une volonté affichée de reprendre le contrôle des établissements les plus dangereux, comme le centre pénitentiaire Miguel Castro Castro à Lima, où des militaires montent désormais la garde en permanence.

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