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En Israël, le documentaire sur Gaza «NAZA» pris dans une tempête politique

Le Devoir · mis à jour il y a 3 j

Nétanyahou veut proposer un projet de loi pour déchoir de leur citoyenneté ceux qui diffament les soldats israéliens..

Documentaire NAZA en Israël

Le documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, suscite une vive polémique en Israël. Le film, présenté à la Mostra de Venise le 7 octobre 2023, donne la parole à 24 soldats et membres des services de renseignement israéliens anonymes. Ces derniers affirment que l’armée israélienne (Tsahal) aurait tué intentionnellement de nombreux civils palestiniens lors de frappes à Gaza. Le titre NAZA est un acronyme militaire désignant les dommages collatéraux estimés avant chaque opération. Le documentaire a reçu le prix spécial du jury à Venise, ce qui a amplifié les réactions hostiles en Israël, où la guerre à Gaza est un sujet ultra-sensible à l’approche des législatives du 27 octobre 2026.

Réactions politiques et menaces

Le documentaire a provoqué une tempête politique et des menaces envers ses réalisateurs. Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a annoncé vouloir déchoir de leur citoyenneté les personnes accusant les soldats israéliens de crimes, déclarant : « Leur place n’est pas parmi nous ». À Savyon, des manifestants d’extrême droite, menés par un influenceur proche du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ont harcelé les parents de Rachel Szor. Des portraits des réalisateurs, tagués du mot TRAÎTRES, ont été peints à Ashdod. Les responsables politiques, y compris des opposants comme Gadi Eisenkot, ont quasi unanimement condamné le film, accusé de nuire à l’image d’Israël.

Position de l’armée et des autorités

L’armée israélienne (Tsahal) a fermement démenti les accusations du documentaire, affirmant tout mettre en œuvre pour éviter les pertes civiles. Elle a critiqué le film pour avoir donné la parole à des sources anonymes, dont la participation aux opérations à Gaza ne peut être vérifiée. Le ministre de la Culture, Miki Zohar, a qualifié les réalisateurs de « traîtres d’État » et a demandé une enquête des services de renseignement intérieur sur les sources du film. Ces réactions illustrent l’interdiction quasi totale de critiquer la gestion de la guerre à Gaza en Israël, où le sujet est considéré comme tabou.

Ce que ça pourrait changer

Les législatives israéliennes du 27 octobre 2026 s’annoncent particulièrement tendues, la guerre à Gaza lancée en réponse aux attaques du Hamas le 7 octobre 2023 étant un enjeu central. Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas mais jugé fiable par l’ONU, cette guerre a fait plus de 73 000 morts. Le documentaire *NAZA* s’inscrit dans un climat politique exacerbé, où le nationalisme et la défiance envers les critiques de l’armée dominent. Une rare voix dissonante, le mouvement israélo-palestinien Standing Together, a salué le film pour avoir révélé *« un nouvel aspect de la guerre d’anéantissement à Gaza »*.

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