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Géopolitique

Après plus de cinq mois de crise, la Roumanie a un gouvernement

Le Grand Continent · mis à jour il y a 16 j

Luca Niculescu a obtenu mardi 20 octobre la confiance du Parlement L’article Après plus de cinq mois de crise, la Roumanie a un gouvernement est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Cinq mois de crise politique

La Roumanie a connu une période d'instabilité politique de cinq mois et demi, débutée le 5 mai 2026 avec le renversement du gouvernement d'Ilie Bolojan. Ce dernier a été destitué par une motion de censure, un vote du Parlement permettant de renverser un gouvernement en place. Depuis cette date, le pays a tenté à plusieurs reprises de former un nouveau gouvernement, mais sans succès jusqu'à présent. Le président roumain, Nicușor Dan, a successivement nommé trois Premiers ministres intérimaires : Eugen Tomac, Adrian Veștea et Siegfried Mureșan, tous issus du PNL (Partidul Național Liberal, un parti politique roumain de centre-droit). Aucun n'a réussi à obtenir la confiance du Parlement, composé de 465 sièges, où une majorité absolue de 233 voix est requise pour former un gouvernement.

Nomination de Luca Niculescu

Le 5 octobre 2026, le président Nicușor Dan a désigné Luca Niculescu comme nouveau Premier ministre. Ancien ambassadeur de Roumanie en France, Niculescu a été choisi pour mettre fin à la crise politique. Son gouvernement a finalement été investi par le Parlement le 20 octobre 2026, avec 280 voix pour, soit 47 voix de plus que le seuil requis de 233 voix. Niculescu est le quatrième Premier ministre proposé depuis mai 2026. Contrairement aux tentatives précédentes, son gouvernement a obtenu un soutien transpartisan, incluant le PNL et l'UDMR (Uniunea Democrată Maghiară din România, un parti représentant la minorité hongroise en Roumanie), bien qu'ils ne fassent pas partie du gouvernement. Le PSD (Partidul Social Democrat, un parti de centre-gauche) et l'AUR (Alianța pentru Unirea Românilor, un parti nationaliste) ont quant à eux refusé de le soutenir.

Contexte politique tendu

La crise politique en Roumanie s'inscrit dans un contexte de tensions entre les principaux partis. Le gouvernement Bolojan, renversé en mai 2026, était issu du PNL, dont Bolojan était le président. Il a justifié le soutien de son parti à Niculescu par un vote de nécessité, une décision prise pour éviter une paralysie totale des institutions. Bolojan a critiqué le PSD et l'AUR pour avoir renversé son gouvernement sans proposer de solution alternative viable. Le PSD, principal parti d'opposition, et l'AUR, parti nationaliste, avaient formé une alliance pour renverser Bolojan, mais leurs désaccords ont ensuite empêché la formation de gouvernements stables. Le nouveau gouvernement Niculescu, majoritairement composé de ministres du PSD, devra désormais gérer les défis économiques et sécuritaires du pays.

Défis économiques majeurs

La Roumanie fait face à une situation économique difficile, avec un déficit public de 7,9% du PIB en 2025, le plus élevé de l'Union européenne. Un déficit public correspond à la différence entre les dépenses et les recettes de l'État, lorsque les dépenses dépassent les recettes. Le gouvernement Niculescu s'est engagé à réduire ce déficit à moins de 3% du PIB d'ici 2030. Pour y parvenir, il prévoit de limiter les dépenses publiques, de renforcer la lutte contre la fraude fiscale (l'évasion ou la dissimulation d'impôts par des particuliers ou des entreprises) et d'améliorer le recouvrement des recettes fiscales. Ces mesures visent à assainir les finances publiques, mais leur mise en œuvre pourrait être difficile dans un contexte de tensions sociales et économiques.

Ce que ça pourrait changer

La Roumanie est confrontée à des menaces sécuritaires accrues, notamment en raison de l'escalade des tensions avec la Russie. Depuis le début du mois d'octobre 2026, sept navires commerciaux ont été attaqués en mer Noire, près des côtes roumaines et bulgares. Le 17 octobre 2026, deux avions de combat *F-16*, basés en Roumanie, ont abattu deux drones d'attaque russes de type *Geran*. Ces incidents illustrent l'augmentation des tensions entre la Russie et les pays de l'OTAN, dont la Roumanie est membre. Le pays est en première ligne face à ces menaces, en raison de sa position géographique stratégique en mer Noire et de son soutien à l'Ukraine dans le conflit en cours. Le gouvernement Niculescu devra donc concilier la gestion des crises économiques et la réponse aux défis sécuritaires pour assurer la stabilité du pays.

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