Affaire Thélyson Orélien : les Éditions du Boréal admettent ne pas disposer de preuves
L'éditeur indique toutefois qu'il ne retirera pas le livre de la circulation..
Thélyson Orélien, un écrivain canado-haïtien de 38 ans, est au cœur d’une polémique depuis septembre 2026. Il est accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour écrire son roman C’était ça ou mourir, publié en mars 2026 par les Éditions du Boréal au Québec. Ces allégations proviennent de tiers et ont été relayées par des médias, notamment le quotidien français Libération. Orélien a toujours nié cette accusation, affirmant avoir rédigé son livre entre l’automne 2017 et le printemps 2019, bien avant l’essor des outils d’IA générative. Par ailleurs, il a reconnu publiquement des plagiats commis dans sa jeunesse, qu’il qualifie d’erreur de jeunesse, sans lien avec les allégations d’IA.
Les Éditions du Boréal, qui ont publié le roman d’Orélien, ont déclaré ne pas disposer de preuves permettant de confirmer ou d’infirmer les allégations d’utilisation d’IA. Leur communiqué précise qu’elles n’ont pas accès à l’historique du manuscrit avant sa réception le 12 septembre 2025. Renaud Roussel, codirecteur général de l’éditeur, a expliqué que les éléments transmis par l’auteur ne sont pas concluants. Il souligne que prouver l’absence ou la présence d’IA dans un manuscrit est complexe, car un éditeur ne connaît pas les détails du processus créatif de l’auteur. Les Éditions du Boréal ont choisi de faire confiance à Orélien en l’absence de preuves irréfutables, tout en condamnant sans réserve ses actes de plagiat passés.
Renaud Roussel a souligné les difficultés rencontrées pour établir la preuve d’une utilisation d’IA dans un manuscrit. Il a mentionné que les logiciels de détection d’IA, comme Pangram, ne fournissent pas de réponses définitives et que leur fiabilité est souvent remise en question. Pour lui, la version finale d’un livre est ce qui est jugé, et non les étapes intermédiaires de sa création. Il a également rappelé que le rôle d’un éditeur n’est pas d’enquêter sur la démarche créative d’un auteur, mais de soutenir ce dernier. Les Éditions du Boréal ont refusé de retirer le livre de la vente, malgré une baisse de 37 % des ventes la semaine précédente, car elles estiment ne pas avoir de motifs suffisants pour agir.
Les Éditions du Boréal ont exprimé leur solidarité envers Orélien, tout en condamnant ses actes de plagiat passés. Elles ont également dénoncé les attaques dont il fait l’objet, qu’elles jugent injustifiées et liées à la peur croissante de l’IA. Le roman C’était ça ou mourir reste un succès commercial, se classant quatrième des ventes dans les librairies indépendantes et onzième sur l’ensemble du marché la semaine dernière. Malgré cette popularité, Orélien sera absent du Salon du livre de Montréal (25-29 novembre 2026), car l’éditeur souhaite éviter de l’exposer à des menaces ou à des propos offensants. Aucune décision n’a été prise concernant la publication d’un futur livre de l’auteur.
Selon les chiffres de la **Société de gestion de la BTLF**, qui publie chaque année le *Bilan Gaspard*, les ventes de *C’était ça ou mourir* ont reculé de 37 % la semaine précédant l’article. Malgré cette baisse, le livre reste le **meilleur vendeur de l’année** en librairie. Il occupe la quatrième place dans les librairies indépendantes et la onzième place sur l’ensemble du marché. Ces données n’incluent pas les ventes de la chaîne **Renaud-Bray**, où le roman se classe quatrième des ventes. Les chiffres montrent que, malgré la polémique, le livre conserve une forte présence commerciale.

