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Généraliste

Autres dangers à l’horizon

Le Devoir · mis à jour il y a 17 j

L’Ukraine n’a guère à espérer de ce côté-ci de l’Atlantique. Ni bientôt de l’autre, selon toute vraisemblance..

Trump allège sanctions russes

Donald Trump, président des États-Unis, a pris des mesures qui affaiblissent le soutien occidental à l’Ukraine. D’une part, il a levé les sanctions sur les exportations de carburant russe, ce qui permet à Moscou de financer davantage sa guerre. D’autre part, dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 octobre 2026, il a exempté la Russie de nouvelles sanctions prévues par une loi adoptée par le Congrès américain. Ces décisions surviennent alors que l’Ukraine, dirigée par Volodymyr Zelensky, compte sur un appui international pour résister à l’invasion russe. Trump a également critiqué Zelensky, qualifiant indirectement son action de traîtrise, ce qui a provoqué une réaction de solidarité de la part des dirigeants européens lors d’une visite à Bruxelles.

L’Ukraine demande plus d’aide

Lors d’une réunion à Bruxelles, Volodymyr Zelensky a demandé une aide financière supplémentaire à l’Union européenne (UE) pour combler un déficit budgétaire de 70 milliards d’euros prévu pour l’année 2027. L’Ukraine a déjà bénéficié d’un prêt de 90 milliards d’euros voté en 2025, mais une partie seulement a été versée. Plusieurs pays européens, dont la Bulgarie, la Slovaquie, la République tchèque, l’Autriche et la Belgique, s’interrogent sur l’utilisation des fonds déjà alloués et certains refusent d’apporter une aide militaire à Kiev. Cette demande d’aide supplémentaire n’a pas reçu un accueil enthousiaste, reflétant une lassitude croissante des partenaires européens face à la durée du conflit.

Montée des extrêmes en Europe

Plusieurs élections prévues en Europe en 2027 pourraient modifier l’équilibre politique et réduire le soutien à l’Ukraine. En France, Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national (parti d’extrême droite) et favorite dans les sondages pour l’élection présidentielle de mai 2027, a annoncé qu’elle maintiendrait une aide à l’Ukraine pendant six mois avant de l’arrêter, estimant que « la France n’en avait plus les moyens ». En Allemagne, Alice Weidel, coprésidente de l’Alternative pour l’Allemagne (parti d’extrême droite), a qualifié la guerre en Ukraine de « guerre déjà perdue » et a affirmé qu’il serait « erroné » de continuer à financer ce conflit. Ces positions reflètent une tendance croissante en Europe à privilégier les intérêts nationaux au détriment du soutien à l’Ukraine.

Risque de désengagement allemand

En Allemagne, bien qu’aucune élection générale ne soit prévue avant 2029, la coalition au pouvoir (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) est fragile. Des voix au sein de cette coalition réclament un retour à l’importation de gaz russe, ce qui affaiblirait encore davantage le soutien à l’Ukraine. L’Allemagne a déjà dépensé plus de 100 milliards d’euros pour soutenir Kiev, soit davantage que tout autre pays européen. Une réduction de cet engagement, combinée à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement d’extrême droite, pourrait avoir des conséquences majeures sur la capacité de l’Ukraine à résister à la Russie.

Instabilité politique en Italie

En Italie, la première ministre Giorgia Meloni, issue d’un parti d’extrême droite, maintient officiellement son soutien à l’Ukraine. Cependant, elle a perdu plusieurs députés au profit d’un nouveau parti encore plus à droite, Futuro Nazionale, qui prône un rapprochement avec la Russie. Cette division interne pourrait affaiblir la position italienne et réduire son aide à l’Ukraine, alors que le pays joue un rôle clé dans le soutien logistique et financier à Kiev. L’instabilité politique italienne ajoute une incertitude supplémentaire pour l’Ukraine.

Attaques russes sur les infrastructures

La Russie intensifie ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes, notamment les réseaux électriques, de chauffage et d’eau. Selon le New York Times, Moscou aurait élaboré un plan visant à neutraliser en un mois les infrastructures énergétiques des trois plus grandes villes ukrainiennes : Kiev, Kharkiv et Odessa. Ces attaques pourraient priver jusqu’à 90 % de ces villes de leur électricité, de leur chauffage et de leur approvisionnement en eau, plongeant des millions de personnes dans le froid et l’obscurité pendant l’hiver 2026-2027. Ces bombardements visent à démoraliser la population et à fragiliser la résistance ukrainienne.

Déplacements massifs de population

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur le risque de nouveaux déplacements de population en Ukraine cet hiver. Plusieurs millions d’Ukrainiens sont déjà rentrés chez eux après avoir fui les combats, mais les conditions de sécurité se dégradent. L’OIM souligne que la question n’est plus seulement de savoir si ces personnes peuvent rentrer, mais si elles peuvent y rester en toute sécurité. Les attaques russes sur les infrastructures et les villes rendent cette perspective de plus en plus improbable, ce qui pourrait entraîner une nouvelle crise humanitaire.

Ce que ça pourrait changer

Avec le désengagement progressif des États-Unis et des principaux pays européens, l’Ukraine risque de se retrouver seule face à la Russie. Les élections prévues en Europe en 2027 pourraient encore réduire l’aide militaire et financière à Kiev, alors que les attaques russes s’intensifient. Les infrastructures énergétiques et les villes ukrainiennes sont particulièrement vulnérables, et la population risque de souffrir du froid et du manque de services essentiels cet hiver. Dans ce contexte, l’Ukraine pourrait sombrer davantage dans la violence et le chaos, sans soutien international suffisant pour contrer l’avancée russe.

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