Trump peut être fier: il a enfin réussi à ralentir l'économie mondiale
Guerre commerciale, guerre en Iran et choc pétrolier: à force de multiplier les initiatives hasardeuses, Donald Trump a placé l'économie mondiale face une succession de chocs qui la fragilisent..
Donald Trump a relancé une politique de droits de douane élevés dès son retour à la Maison-Blanche en 2025, avec des taux passant en moyenne de 2% à 24% avant de redescendre vers 15%. Pour les produits chinois, les droits ont atteint jusqu'à 100% avant de se stabiliser autour de 35%. Ces mesures visaient à réduire le déficit commercial américain, relancer l'industrie locale et augmenter les revenus de l'État. Cependant, elles ont surtout perturbé les échanges mondiaux, avec des conséquences majeures pour l'économie internationale. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) parle de la période de perturbation la plus grave depuis 80 ans, soulignant une remise en cause inédite des règles commerciales internationales.
Malgré ces droits de douane, le déficit commercial américain a atteint un niveau historique de 1 241 milliards de dollars en 2025. En 2026, il continue d'augmenter après une légère amélioration en début d'année. Les économistes expliquent que cette mesure unique ne peut résoudre plusieurs problèmes à la fois : le déficit persiste car les États-Unis consomment plus qu'ils ne produisent et investissent plus qu'ils n'épargnent. Le commerce mondial de marchandises a tout de même progressé de 4,6% en volume en 2025, plus vite que le PIB mondial (2,9%), mais cette croissance cache une réorganisation des circuits commerciaux, notamment une baisse des exportations chinoises vers les États-Unis au profit d'autres pays asiatiques comme le Vietnam ou Taïwan.
L'Europe est particulièrement touchée par cette guerre commerciale. Les États-Unis imposent un droit de douane de 15% sur la majorité des produits européens, alors que les produits industriels américains entrent en Europe sans droits de douane. Cette asymétrie pénalise les exportateurs européens, notamment face à la concurrence chinoise qui cible davantage le marché américain. En juin 2026, la compétitivité de l'Union européenne s'est dégradée par rapport à des pays comme le Mexique, le Canada ou l'Australie. Les exportations européennes vers les États-Unis ont reculé, tandis que celles de la Chine ont progressé, profitant des tensions commerciales.
Les tensions géopolitiques, notamment la guerre déclenchée par Trump en Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz, ont provoqué une hausse durable du prix du baril de pétrole Brent, dépassant 100 dollars en septembre 2026. Cette situation menace le marché des hydrocarbures et fait craindre des pénuries de gazole, notamment en raison de l'arrêt des exportations russes et des restrictions américaines. La hausse des prix de l'énergie alimente l'inflation, réduisant le pouvoir d'achat et pesant sur l'activité économique. Les banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine, ont dû relever leurs taux d'intérêt pour lutter contre cette inflation, ce qui renchérit le coût du crédit pour les ménages, les entreprises et les États.
La hausse des taux d'intérêt, généralisée dans le monde, touche particulièrement la France. Depuis février 2026, les taux à dix ans sur les emprunts d'État français ont augmenté de 1,3 point de pourcentage, contre 0,8 point en Allemagne. Cette hausse est en partie attribuable à la politique de Trump, qui a contribué à alourdir le coût de la dette publique. La dette américaine dépasse désormais 40 100 milliards de dollars, soit 127% du PIB, tandis que la France atteint 117,5% du PIB. Le déficit budgétaire américain pourrait atteindre 8% du PIB en 2026, contre 5,4% en France. Ces niveaux d'endettement limitent la marge de manœuvre des États pour relancer l'économie ou investir dans la transition énergétique.
Selon l'OCDE, la croissance mondiale devrait passer de 3,4% en 2025 à 2,9% en 2026, avec une prévision de 3% en 2027. Cette baisse s'explique en partie par les tensions commerciales et géopolitiques, mais aussi par le ralentissement de la Chine, dont la croissance devrait tomber à 4,5% en 2026 et 4,2% en 2027. Malgré une certaine résilience de l'économie mondiale, les incertitudes restent nombreuses : instabilité des prix de l'énergie, tensions commerciales persistantes et politiques économiques imprévisibles. Les pays en développement sont les plus vulnérables, notamment en raison de la réduction des aides internationales et de la hausse des coûts des importations énergétiques.

