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Géopolitique

Flávio Bolsonaro : « C’est la fin de Lula »

Le Grand Continent · mis à jour 5 oct.

Nous traduisons son discours de la victoire placé entre Milei, Bukele et Trump L’article Flávio Bolsonaro : « C’est la fin de Lula » est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Résultat surprise

Pour la première fois depuis 1998, un candidat a devancé Luiz Inácio Lula da Silva lors du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a obtenu 47,1 % des suffrages exprimés, contre 45,1 % pour Lula. Cette avance de 2,4 millions de voix place Flávio Bolsonaro en position de force pour le second tour prévu le 25 octobre 2026. Son score s’appuie sur un message central : le besoin de changement, avec la phrase « Le Brésil n’en peut plus ». Environ 56 millions de Brésiliens ont voté pour lui, sur un total de 119 millions de suffrages exprimés. Son élection s’inscrit dans un contexte où près de 56 millions de Brésiliens ont participé au vote, un chiffre qui reflète une forte mobilisation électorale.

Profil politique

Flávio Bolsonaro incarne une ligne politique réactionnaire, héritière de celle de son père, Jair Bolsonaro. Il s’inspire également de deux figures de droite latino-américaine : Nayib Bukele, président du Salvador, connu pour sa politique sécuritaire musclée, et Javier Milei, président argentin, promoteur d’un libéralisme économique radical. Du premier, il reprend l’idée d’un État fort face à l’insécurité, au point de menacer l’indépendance de la justice en promettant de nommer au moins quatre juges à la Cour suprême fédérale (STF) qui ne s’opposeraient pas à ses choix politiques. Du second, il adopte une vision économique libérale, prônant un « gouvernement moderne avec moins de ministères » et une réorganisation du travail basée sur l’auto-entrepreneuriat. Son objectif affiché est de mettre fin à l’ère du Parti des travailleurs (PT) de Lula, qu’il accuse d’avoir laissé un héritage de crises économiques et sociales.

Critiques contre Lula

Flávio Bolsonaro présente Lula et le PT comme un pouvoir usé, incapable de résoudre les problèmes du Brésil. Il affirme que Lula se bat pour le pouvoir après avoir participé à sept élections présidentielles, tandis que lui-même se présente comme un candidat d’un seul mandat, venu clore « l’ère du PT ». Parmi les critiques avancées, il évoque un « record de femmes assassinées » (1 571 féminicides en 2025, soit 4 % de plus qu’en 2024), un « record de Brésiliens endettés » (83,9 millions en défaut de paiement), un « record d’impôts élevés » (32,4 % du PIB en 2025, le plus haut niveau depuis 2010), et un « record d’entreprises fermées » (2,8 millions en 2025). Cependant, certaines de ces affirmations sont nuancées : les féminicides augmentent depuis 2022, la charge fiscale a légèrement augmenté par rapport à 2024, et le nombre d’entreprises fermées s’accompagne d’un record de créations (plus de 5 millions). Aucun indicateur ne mesure un « record de désespoir ».

Promesses électorales

Flávio Bolsonaro promet un gouvernement « moderne » avec moins de ministères, une réduction de la bureaucratie et une valorisation de la démocratie. Il s’engage à nommer des juges à la STF qui ne s’immisceraient pas dans les élections, en réponse aux accusations selon lesquelles Lula aurait utilisé l’appareil d’État pour influencer le scrutin. Il affirme que Lula a dépensé 350 milliards de reais (environ 60 milliards d’euros) pour tenter de gagner l’élection, un chiffre contesté : le Gastômetro de l’Estadão recense en réalité 328 milliards de reais (environ 56 milliards d’euros) de mesures budgétaires, dont 55 milliards correspondent à des exonérations fiscales et non à des dépenses directes. Flávio Bolsonaro se présente comme un candidat pour un seul mandat, bien qu’il ait évoqué la possibilité d’un gouvernement de huit ans, ce qui contredit partiellement son engagement initial.

Contexte latino-américain

La victoire de Flávio Bolsonaro s’inscrit dans une tendance régionale où des candidats populistes ou conservateurs remportent des élections en promettant un changement radical. Son discours s’inspire notamment de celui de Donald Trump, bien qu’il n’ait pas mentionné les États-Unis dans sa campagne, évitant ainsi d’associer sa victoire à une doctrine de recolonisation de l’Amérique latine soutenue par l’administration américaine. Cette dynamique rappelle l’effet « domino trumpiste », où des leaders similaires émergent dans différents pays, portés par un rejet des partis traditionnels et une demande de sécurité et de libéralisme économique. Le Brésil, avec ses 215 millions d’habitants, devient ainsi un nouveau terrain d’expérimentation pour ces mouvements politiques.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats électoraux de Flávio Bolsonaro reposent sur une interprétation sélective des données économiques et sociales. Par exemple, le record de féminicides en 2025 (1 571 cas) est en réalité la continuation d’une tendance amorcée en 2022 sous le gouvernement de Jair Bolsonaro, avec une augmentation de 4 % par rapport à 2024. De même, le record de charge fiscale (32,4 % du PIB en 2025) est modeste par rapport à 2010, et l’endettement massif (83,9 millions de Brésiliens en défaut) s’accompagne d’une création record d’entreprises (plus de 5 millions). Ces éléments montrent que certaines affirmations de Flávio Bolsonaro reposent sur des comparaisons sélectives ou des interprétations discutables, tout en s’appuyant sur des réalités économiques et sociales difficiles pour une partie de la population.

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