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Généraliste

Le rêve au lieu de la nostalgie pour Emily Haines

Le Devoir · mis à jour il y a 29 j

La tournée «All the Feelings» de Metric, Broken Social Scene et Stars se terminera le 7 octobre à la Place Bell..

Tournée All the Feelings

Emily Haines, cofondatrice du groupe Metric, évoque la tournée All the Feelings, lancée en 2026, qui rassemble des artistes majeurs de l’indie rock canadien comme Metric, Broken Social Scene et Stars. Cette tournée, qui se termine à la Place Bell le 7 octobre, met en avant des émotions variées, allant de la joie à la colère, reflétant les défis actuels comme l’austérité économique, les conflits armés et les incertitudes politiques. Le nom de la tournée souligne cette diversité émotionnelle, avec une énergie décrite comme celle d’un festival. Emily Haines précise que cette expérience collective, notamment lors des concerts aux États-Unis et en Europe, a inspiré son prochain album solo, prévu pour 2027. Elle évoque également l’esprit de famille qui unit ces artistes, certains étant membres de plusieurs groupes à la fois.

Collaborations musicales

Emily Haines et James Shaw, fondateurs de Metric, sont aussi membres de Broken Social Scene, un collectif torontois influent. Leur album Romanticize the Dive, sorti au printemps 2026, a servi de trame sonore à la tournée. Lors des concerts, les musiciens de Metric, Broken Social Scene et Stars se rejoignent, comme à Berlin où Amy Millan, membre de Stars, a chanté avec eux. Emily Haines souligne que ces collaborations, notamment sur des titres comme Anthems for a Seventeen Year-Old Girl (2002), étaient rares jusqu’à présent. Ces échanges artistiques renforcent les liens entre les artistes et leur public, tout en nourrissant la création musicale.

Lien Canada-États-Unis

La tournée All the Feelings inclut une dimension politique et culturelle, notamment aux États-Unis, où les artistes canadiens célèbrent leur proximité avec le public américain. Emily Haines explique que leur approche vise à éviter la polarisation en mettant en avant des valeurs communes, comme l’amitié et les liens personnels, plutôt que de critiquer les institutions ou les gouvernements. Elle rejette l’idée de diaboliser les Américains, soulignant que beaucoup subissent les conséquences des décisions politiques sans les avoir soutenues. Une anecdote illustre cette volonté d’apaisement : une blague sur scène évoquait un apport de sirop d’érable pour « adoucir les âmes », ce qui a toujours suscité des réactions positives. Metric est né à New York il y a 25 ans, renforçant ce lien transfrontalier.

Héritage musical

Emily Haines s’interroge sur la notion d’legacy act (artiste ou groupe ayant marqué plusieurs générations) pour décrire Metric, Broken Social Scene et Stars. Elle considère que leur héritage se mesure à l’audience jeune et internationale, comme des vingtenaires francophones assistant à leurs concerts à Paris. Pour elle, cet engagement auprès des nouvelles générations confirme l’impact de leur musique. Elle rappelle que ces groupes font partie du patrimoine de l’indie rock canadien depuis 25 ans, avec dix albums à leur actif pour Metric. Leur musique, souvent associée à des sonorités rock, new wave ou dansantes, continue de résonner auprès d’un public varié.

Retour aux sources

Le dixième album de Metric, Romanticize the Dive (2026), marque un retour aux racines du groupe en revisitant des sonorités emblématiques de leurs précédents succès. L’enregistrement a été réalisé dans le studio Electric Lady à New York, où des albums comme Fantasies (2009) et Synthetica (2012) avaient été partiellement produits. Les membres du groupe ont puisé leur inspiration en réécoutant leurs propres morceaux pour définir la direction artistique de ce nouvel opus. Emily Haines compare cette démarche à un changement de style vestimentaire ou capillaire : une évolution superficielle qui révèle une identité constante. L’objectif était de retrouver l’essence de Metric sans tomber dans la nostalgie, un terme qu’elle distingue de la romancisation, qu’elle associe à un rêve éveillé et à la réinvention.

Ce que ça pourrait changer

Emily Haines insiste sur la différence entre la nostalgie, qu’elle associe à une forme de tristesse, et la *romancisation*, qu’elle décrit comme un fantasme positif. Pour elle, *Romanticize the Dive* incarne cette seconde approche : il s’agit de rêver une époque passée, comme le font les jeunes qui découvrent leur musique aujourd’hui. Elle souligne que cette période, marquée par des concerts dans de petits clubs, une créativité sans contraintes financières et une énergie collective, reste une source d’inspiration. La musicienne rejette l’idée que leur démarche soit nostalgique, préférant y voir une célébration joyeuse de leur histoire et une invitation à rêver, même dans un contexte actuel difficile.

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