Élections : les chefs multiplient les entrevues à quelques jours du vote
PSPP et Christine Fréchette seront au micro de Patrick Masbourian à Tout un matin pour lancer la journée..
À trois jours du scrutin du 5 octobre 2026, les chefs des principaux partis politiques québécois multiplient les apparitions médiatiques pour tenter de convaincre les électeurs. Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec (CAQ), sera interviewée par Patrick Lagacé à la radio 98,5 FM ce matin, puis par Alec Castonguay à l’émission Midi Info sur ICI PREMIÈRE. Elle enchaînera avec des visites dans plusieurs quartiers de Montréal (Pointe-aux-Trembles, Anjou, Candiac) pour des rencontres informelles avec les citoyens. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois (PQ), sera au micro de Patrick Masbourian dans l’émission Tout un matin, également sur ICI PREMIÈRE. Ces entrevues s’inscrivent dans une stratégie classique de fin de campagne : occuper l’espace médiatique pour maximiser la visibilité et marquer les esprits avant le vote.
Les cinq principaux chefs se répartissent des activités variées aujourd’hui. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), tiendra un point de presse à Cowansville sur le thème de l’économie, avant de se rendre à Sherbrooke pour un dîner militant et de souligner la Journée internationale des aînés. Ruba Ghazal, cheffe de Québec solidaire (QS), présentera des propositions sur le logement à Montréal, puis se déplacera à Québec pour rencontrer des militants dans la circonscription de Taschereau. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), organisera une conférence de presse à Québec, participera à une marche pour les aînés, visitera les Galeries de la Capitale en après-midi, et assistera à un événement militant en soirée. Ces déplacements visent à toucher des publics cibles (aînés, militants, électeurs urbains) et à relayer des thèmes porteurs (économie, santé, logement).
Hier, les chefs ont annoncé plusieurs engagements concrets pour séduire les électeurs. Christine Fréchette (CAQ) a promis que le régime public couvrirait une deuxième tentative de fécondation in vitro (FIV), avec un investissement annuel d’environ 40 millions de dollars. Cette mesure vise à répondre aux critiques sur l’accès aux soins de fertilité, souvent coûteux pour les couples. Paul St-Pierre Plamondon (PQ) a annoncé la construction d’un pont reliant Baie-Sainte-Catherine à Tadoussac d’ici 2030, un projet symbolique pour désenclaver la région et développer le tourisme. Charles Milliard (PLQ) a proposé de relancer des projets pilotes pour améliorer les ratios personnel/patients dans le système de santé, un enjeu récurrent lié à la qualité des soins. Ruba Ghazal (QS) a suggéré de faire de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation un jour férié, pour renforcer la reconnaissance des injustices historiques envers les peuples autochtones. Enfin, Éric Duhaime (PCQ) a promis d’inclure les nations autochtones dans 17 tables régionales décisionnelles, une initiative pour intégrer davantage les Premières Nations dans les décisions politiques.
Les organismes LGBTQ+ demandent aux partis de se positionner sur des questions spécifiques, comme la pluriparentalité (famille avec plusieurs parents) et le financement des chirurgies d’affirmation de genre. Ces demandes surviennent alors que les enjeux liés à l’identité de genre et à l’orientation sexuelle sont peu abordés dans la campagne, malgré leur importance pour une partie de l’électorat. Les partis n’ont pas encore détaillé leurs positions sur ces sujets, qui pourraient influencer le vote des électeurs progressistes. Radio-Canada a sollicité des réponses de chaque formation politique pour éclairer les citoyens sur leurs engagements potentiels en la matière.
Une enquête de Radio-Canada révèle qu’un candidat libéral, Michel Leblanc (fils de l’avocat Claude Leblanc), est indirectement lié à une affaire de fonds détournés liés à la dictature haïtienne de Jean-Claude Duvalier (1971-1986). En 2016, Me Claude Leblanc a déposé 808 409 $ dans un compte en fidéicommis à la Caisse Desjardins de Chambly, avant que ces fonds ne soient au cœur d’une poursuite judiciaire. Ces sommes provenaient d’une fortune opaque héritée par la veuve d’un ancien ministre des Finances haïtien sous Duvalier, condamné par la justice suisse pour avoir pillé l’État haïtien. Michel Leblanc, candidat dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, n’est pas directement accusé, mais son nom est mentionné dans le cadre de cette affaire, ce qui pourrait avoir des répercussions sur sa campagne.
Le débat sur l’*école à trois vitesses* revient régulièrement dans la campagne. Ce terme désigne l’existence de trois régimes scolaires distincts au Québec : les écoles publiques régulières, les écoles publiques spécialisées (comme les programmes arts-études) et les écoles privées subventionnées. Certains y voient une forme de ségrégation scolaire, car l’accès à ces établissements dépend souvent des ressources financières ou du lieu de résidence des familles. D’autres estiment que cette diversité permet de répondre à des besoins variés. Les partis politiques se positionnent différemment : certains défendent le statu quo, d’autres prônent une réforme pour réduire les inégalités. Ce sujet cristallise les tensions autour de l’équité et de l’accès à l’éducation au Québec.

