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Société

Une étude se penche sur l'origine du mystérieux «hum», ce bourdonnement qu'entendent certaines personnes

Slate FR · mis à jour il y a 21 j

Perçu en différents endroits du globe, ce bruit n'est entendu que par une faible partie de la population. La science s'arrache les cheveux pour trouver une explication..

Origine du phénomène

Le phénomène du «hum» ou bourdonnement mystérieux a été signalé pour la première fois dans les années 1970, lorsque des habitants du Royaume-Uni ont commencé à entendre un son inexplicable. Initialement, une théorie évoquait des ventilateurs industriels dans un entrepôt, mais la fermeture de celui-ci n’a pas fait disparaître le bruit. Le «hum» a ensuite été enregistré dans plusieurs villes britanniques, notamment des zones côtières comme Hythe, Plymouth ou Swansea, ainsi qu’à Londres. Dans les années 1990, le phénomène s’est étendu aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et dans plusieurs villes européennes. Un point commun semble être que ces zones sont densément peuplées, mais aucune explication définitive n’a encore été trouvée.

Projet de cartographie

Le Canadien Glen MacPherson, qui a entendu ce bourdonnement lorsqu’il vivait sur la côte ouest du Canada, a lancé en 2012 le projet «The World Hum Map and Database Project». Ce projet vise à collecter des données sur les lieux et les personnes où le son a été observé. Il s’agit d’une initiative interactive permettant de cartographier les zones touchées et d’étudier les caractéristiques des personnes concernées. Ce projet a permis de recueillir de nombreuses observations et a suscité plusieurs théories sur l’origine du «hum», allant de causes naturelles à des hypothèses plus controversées.

Théories naturelles

Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer l’origine naturelle du «hum». L’Association écossaise des sciences marines suggère que le son pourrait provenir des chants nuptiaux de bancs de poissons mâles. Une autre théorie, développée par des chercheurs français, propose que le bruit soit produit par le déplacement des vagues le long des fonds marins. Ces explications s’appuient sur des phénomènes naturels et pourraient expliquer pourquoi le «hum» est plus fréquent dans les zones côtières. Cependant, aucune de ces théories n’a encore été confirmée de manière définitive.

Rôle de l’oreille interne

Le professeur Markus Drexl, de l’Université norvégienne de sciences et technologies, étudie pourquoi certaines personnes (entre 2 et 4 % de la population) entendent ce bourdonnement alors que d’autres ne le perçoivent pas. Une piste explorée est celle des otoémissions acoustiques, des sons faibles produits par la cochlée, une partie de l’oreille interne. Ces sons, généralement inaudibles pour la plupart des gens, peuvent être mesurés avec un microphone sensible placé dans le conduit auditif. Chez certaines personnes, ces émissions peuvent être perçues comme des acouphènes gênants, mais cette explication ne semble pas suffisante pour tous les cas de «hum».

Deux causes possibles

Selon Markus Drexl et son équipe, le «hum» pourrait avoir deux origines distinctes. Pour une minorité de personnes, il serait dû à une audition particulièrement fine dans les basses fréquences, leur permettant de percevoir des sons inaudibles pour les autres. Pour d’autres, il s’agirait d’une forme d’acouphène, c’est-à-dire un son généré à l’intérieur du système auditif lui-même. Cette dualité expliquerait pourquoi le phénomène est si difficile à cerner et pourquoi les recherches n’ont pas encore abouti à une réponse unique. Les tests menés sur un échantillon de 28 sujets n’ont pas permis de valider entièrement cette hypothèse, mais elle reste l’une des pistes les plus prometteuses.

Ce que ça pourrait changer

Localiser l’origine du *«hum»* représente un défi majeur pour les scientifiques. Les sons de basse fréquence, comme ceux du *«hum»*, ont des longueurs d’onde très grandes et peuvent parcourir de longues distances sans atténuation significative. Cela rend leur détection et leur localisation particulièrement complexes. Markus Drexl souligne que ces sons peuvent être mesurés objectivement, mais leur source reste souvent indéterminée. Cette difficulté technique explique pourquoi, malgré des décennies de recherches, le mystère du *«hum»* persiste et continue de fasciner la communauté scientifique.

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