LE PLUS VIEUX GRATTE-CIEL CONNU : il y a 2 800 ans, un palais éthiopien aurait pu monter à plus de 16 étages
Les murs du palais Grat Be'al Gibri, bâti à Yeha, en Éthiopie, vers 800 avant notre ère, auraient pu porter au moins seize étages, selon des simulations d'ingénieurs..
Des fouilles archéologiques en Éthiopie ont révélé les vestiges d’un palais datant d’environ 2 800 ans, considéré comme le plus ancien gratte-ciel connu à ce jour. Ce bâtiment, situé près de la ville de Yeha, serait composé de plusieurs étages et aurait pu atteindre une hauteur comparable à celle d’un immeuble moderne de plus de 16 étages. Les chercheurs estiment que cette structure, construite vers le VIIIe siècle avant notre ère, témoigne d’un savoir-faire architectural et technique exceptionnel pour l’époque. Ce palais appartenait probablement au royaume de D’mt, une civilisation ancienne ayant prospéré dans la région avant l’émergence de l’Empire aksoumite. Les fouilles, menées par des équipes internationales, ont permis de mettre au jour des fondations, des murs en pierre taillée et des éléments de décoration, confirmant l’importance de ce site.
Les estimations suggèrent que ce palais aurait pu s’élever à environ 50 mètres de hauteur, soit l’équivalent d’un bâtiment de 16 à 18 étages actuels. Cette hauteur est déduite de la taille des fondations et de la disposition des vestiges, ainsi que des techniques de construction utilisées à l’époque. Les murs, construits en pierre locale, étaient probablement renforcés par des poutres en bois pour assurer la stabilité de l’édifice. Les archéologues ont également identifié des traces de fenêtres et d’escaliers, indiquant une organisation interne complexe. Ce type de structure verticale était rare à cette période, où les bâtiments dépassant deux ou trois étages étaient exceptionnels. Ce palais illustre ainsi une avancée majeure dans l’architecture ancienne.
Ce palais s’inscrit dans le contexte du royaume de D’mt, une civilisation ayant existé entre le Xe et le Ve siècle avant notre ère dans l’actuelle Éthiopie et Érythrée. Ce royaume, précurseur de l’Empire aksoumite, était un carrefour commercial majeur entre l’Arabie et l’Afrique subsaharienne. Les vestiges de Yeha, dont ce palais, révèlent une société organisée, capable de mobiliser des ressources importantes pour des projets architecturaux ambitieux. Les chercheurs pensent que ce bâtiment servait de résidence royale ou de centre administratif, reflétant le pouvoir et la richesse de ses occupants. La présence de ce gratte-ciel antique suggère une maîtrise avancée de l’ingénierie et une volonté de marquer le territoire par des constructions monumentales.
La datation de ce palais repose sur plusieurs méthodes scientifiques, notamment l’analyse des poteries et des artefacts retrouvés sur place, ainsi que des techniques de datation au carbone 14. Les archéologues ont également comparé les vestiges avec d’autres sites connus de la région, comme ceux de l’Empire aksoumite, qui a succédé au royaume de D’mt. Les fondations en pierre, typiques de l’architecture aksoumite ultérieure, confirment une continuité culturelle et technique. Les fouilles, encore en cours, pourraient révéler d’autres éléments permettant d’affiner la compréhension de cette structure et de son rôle dans la société de l’époque.
Cette découverte bouleverse les connaissances sur l’architecture ancienne en Afrique subsaharienne, où les constructions verticales étaient jusqu’ici considérées comme rares avant l’époque romaine ou byzantine. Elle remet en question l’idée selon laquelle les sociétés pré-aksoumites étaient moins avancées technologiquement que leurs contemporaines du Moyen-Orient ou de la Méditerranée. Les chercheurs soulignent que ce palais pourrait être le premier exemple connu d’un bâtiment à plusieurs étages en Afrique subsaharienne. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur les échanges culturels et techniques entre l’Afrique et le reste du monde antique, ainsi que sur l’évolution des sociétés africaines avant l’ère aksoumite.

