«La bataille de Gaulle : Liberté»: l’appel du grand spectacle
Le dernier volet du diptyque sur le général est captivant, malgré ses raccourcis et son sentimentalisme..
Le film La bataille de Gaulle : Liberté est le deuxième volet d’un diptyque cinématographique réalisé par Antonin Baudry, centré sur l’action du général Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce projet s’inscrit dans une volonté de rassembler un large public, avec un budget parmi les plus importants de l’histoire du cinéma européen. L’objectif affiché est de toucher un public nombreux, comme en témoignent les réactions lors de la projection de presse à Montréal, où une spectatrice a déclaré avoir pleuré tout au long du film. Le réalisateur et l’acteur principal, Simon Abkarian, incarnant de Gaulle, ont adopté une approche spectaculaire et émotionnelle, privilégiant l’impact patriotique plutôt qu’une analyse historique détaillée.
Le film met en avant la ferveur patriotique du général de Gaulle et son rôle dans la création des Forces françaises libres, une armée reconstituée à Londres en 1940. Ces forces, composées notamment de soldats issus des colonies africaines, ont progressivement rejoint les Alliés pour participer à la libération de Paris. Antonin Baudry a choisi une approche instinctive et spectaculaire, insistant sur la détermination et parfois la folie de de Gaulle, qui a osé créer une armée sans moyens ni appuis assurés. Le film évite de s’attarder sur les détails des batailles ou sur le rôle respectif des différents pays engagés dans le conflit, préférant un récit centré sur l’émotion et le suspense.
Le film se structure autour de deux intrigues principales. La première suit les combats du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, interprété par Niels Schneider, un acteur jugé convaincant. La seconde intrigue met en scène la formation du Conseil national de la Résistance à Paris, présidé par Jean Moulin. Cependant, cette partie du récit est critiquée pour son manque de cohérence. Pour rendre hommage aux femmes de la Résistance, Antonin Baudry a inventé un personnage féminin fictif, joué par Anamaria Vartolomei, dont l’histoire d’amour avec un personnage du premier volet semble artificielle et forcée.
Le réalisateur utilise des techniques cinématographiques qui divisent. Il recourt à un montage précipité et à une musique quasi incessante pour renforcer la tension dramatique, ce qui peut donner l’impression d’une surcharge émotionnelle et tenir le spectateur à distance. De plus, Antonin Baudry a recours à des raccourcis et des clichés pour introduire certains personnages, comme un groupe de soldats espagnols antifascistes qui rejoignent l’armée de Leclerc. Ces choix esthétiques, bien que parfois efficaces pour toucher le public, limitent la profondeur politique et historique du film.
Malgré les réserves des critiques, *La bataille de Gaulle : Liberté* est considéré comme un blockbuster impressionnant et efficace. Il est jugé plus précis et plus abouti que le premier volet du diptyque. Cependant, il ne constitue pas nécessairement une grande œuvre politique. Le film parvient à mobiliser les émotions et à susciter l’adhésion du public, mais il reste avant tout un projet cinématographique spectaculaire, subordonnant la nuance historique à l’impact émotionnel et patriotique. Son ambition de rassembler un vaste public semble partiellement atteinte.

