Washington prive Microsoft de permis de résidence permanente pour ses employés
La décision concerne le visa dit H-1B, un permis pour travailleurs qualifiés..
Le gouvernement américain, dirigé par l'administration Trump, a annoncé le 8 octobre 2026 la suspension pour Microsoft de l'accès à un programme permettant d'obtenir des permis de résidence permanente (ou cartes vertes) pour ses employés. Cette décision s'applique aux travailleurs étrangers détenteurs d'un visa H-1B, un permis temporaire accordé à 85 000 personnes en 2025 pour des emplois qualifiés aux États-Unis. Le vice-président américain J.D. Vance a justifié cette mesure en accusant Microsoft d'abuser du système, notamment en licenciant des salariés américains tout en embauchant massivement des travailleurs étrangers. Le géant technologique conteste ces allégations.
J.D. Vance, vice-président des États-Unis et responsable d'un groupe de travail sur la fraude aux visas, a déclaré que Microsoft était l'entreprise ayant le plus profité du système de visas H-1B aux États-Unis. Selon lui, en 2025, Microsoft aurait licencié 6 000 salariés américains tout en obtenant 6 300 visas H-1B et près de 3 000 cartes vertes pour ses employés. Vance a qualifié ce système de « scandaleux » et annoncé vouloir y mettre fin. Il a également souligné que Microsoft devait « embaucher des travailleurs américains » pour justifier son statut d'entreprise américaine. Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, le même jour où le président Trump décorait le PDG de Microsoft, Satya Nadella, de la médaille nationale de la technologie et de l'innovation.
Microsoft a réagi en précisant que 80 % de ses demandes de visa H-1B pour l'exercice fiscal 2026 concernaient des employés déjà en poste dans l'entreprise. Les 20 % restants concernaient des personnes déjà présentes légalement aux États-Unis, et non de nouveaux arrivants. Le groupe a donc nié avoir abusé du système en recrutant massivement des travailleurs étrangers. Microsoft a également souligné son rôle d'entreprise américaine innovante, tout en reconnaissant la nécessité de respecter les règles d'immigration. Cette réponse intervient alors que l'administration Trump durcit sa politique migratoire, notamment pour les visas de travail.
Microsoft n'est pas la seule entreprise visée par cette mesure. Le gouvernement américain a également suspendu l'accès au même programme pour Adobe, ainsi que pour plusieurs groupes de conseil et prestataires technologiques, dont le français Capgemini, Cognizant, Tata, Infosys, HCL et Wipro. Ces entreprises, comme Microsoft, bénéficiaient auparavant de ce système pour convertir des visas H-1B en cartes vertes sous certaines conditions. Cette décision s'inscrit dans une politique plus large de contrôle renforcé des visas de travail aux États-Unis.
Cette annonce s'inscrit dans le cadre d'une politique migratoire plus stricte menée par l'administration Trump depuis mars 2026, date à laquelle un groupe de travail a été créé pour identifier les fraudes dans l'attribution des visas et des services gouvernementaux. J.D. Vance, placé à la tête de ce groupe, a également révélé que plusieurs grandes universités américaines faisaient l'objet d'enquêtes pour d'éventuelles fraudes liées aux visas. Cette mesure contre Microsoft intervient donc dans un contexte de surveillance accrue des flux migratoires et des pratiques des entreprises en matière d'embauche.

