Shell aura une participation 30% au projet pétrolier Bay du Nord à Terre-Neuve- et -Labrador
Le sort de ce projet d’exploitation en eaux profondes devrait être connu début 2027..
Le géant pétrolier britannique Shell vient de signer un accord pour acquérir une participation de 30 % dans le projet pétrolier Bay du Nord, situé au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada. Ce projet, qui serait le premier du genre en eaux profondes dans le pays, était jusqu’alors porté majoritairement par la société norvégienne Equinor, qui conserve une participation opérationnelle de 70 %. Shell rejoint ainsi le projet après le retrait récent de BP, qui détenait 37,2 % des parts et a cédé sa participation il y a environ trois mois. Cette nouvelle alliance vise à renforcer la viabilité financière et technique du projet, alors qu’Equinor doit prendre une décision finale d’investissement début 2027. Le projet, évalué à 14 milliards de dollars canadiens, représente un enjeu majeur pour l’industrie pétrolière canadienne.
Le projet Bay du Nord se distingue par sa localisation extrême : les infrastructures pétrolières seraient installées dans des eaux situées à environ 500 kilomètres à l’est de St. John’s, la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador. Cette distance en fait l’installation pétrolière la plus éloignée des côtes au monde, ce qui pose des défis techniques et logistiques importants. Les eaux profondes désignent ici des zones où les plateformes doivent opérer à des profondeurs bien supérieures à celles des projets traditionnels, souvent au-delà de 200 mètres. Ces conditions rendent l’exploitation plus complexe et coûteuse, mais pourraient aussi ouvrir la voie à de nouvelles ressources pétrolières pour le Canada. Le projet est donc à la fois une opportunité économique et un test pour l’industrie.
Le sort final du projet Bay du Nord dépendra d’une décision prise par Equinor au début de l’année 2027. Cette échéance marque un tournant crucial, car l’entreprise doit évaluer si l’investissement de 14 milliards de dollars est justifié, malgré les risques techniques et environnementaux liés à l’exploitation en eaux profondes. L’ajout de Shell comme partenaire à hauteur de 30 % est présenté par le dirigeant d’Equinor, Philippe Mathieu, comme un renforcement stratégique du projet. Cette collaboration pourrait faciliter l’obtention des financements nécessaires et rassurer les investisseurs sur la faisabilité du projet. La décision finale déterminera si Bay du Nord deviendra réalité ou sera abandonné.
Le projet *Bay du Nord* s’inscrit dans un contexte politique et économique particulier. En 2023, le gouvernement canadien avait accepté de prendre en charge une partie des frais liés au projet, ce qui avait relancé son intérêt après une période de mise en pause. Cette implication de l’État souligne l’importance stratégique du projet pour le Canada, qui cherche à développer ses ressources pétrolières tout en répondant aux enjeux de transition énergétique. Terre-Neuve-et-Labrador, région où se situe le projet, mise sur cette exploitation pour stimuler son économie locale. Cependant, le projet reste controversé en raison de ses impacts environnementaux potentiels, notamment sur les écosystèmes marins fragiles de l’Atlantique Nord.

