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Généraliste

Dix kilos de prunes

Le Devoir · mis à jour 23 sept.

Sommes-nous si riches que nous avons la possibilité de choisir la facilité au lieu de la responsabilité?.

Un triplex et ses souvenirs

L’auteur évoque son attachement à un triplex situé dans le quartier Ahuntsic à Montréal, construit au début du XXe siècle. Il apprécie particulièrement les éléments d’origine italienne de sa demeure, comme la céramique napolitaine au sol et les tuiles toscanes sur le toit. Ces détails reflètent l’histoire des immigrants italiens qui ont bâti leur nouvelle vie au Québec. L’auteur souligne aussi la présence d’un voisin cultivant des arbres fruitiers, dont des pruniers, qui l’ont inspiré à planter son propre prunier. Cette anecdote illustre comment un cadre de vie urbain peut intégrer des éléments de nature et de patrimoine culturel.

Un prunier généreux

Cette année, le prunier planté par l’auteur a produit 10 kilogrammes de prunes, une quantité bien supérieure à ses besoins personnels. Pour éviter le gaspillage, il a impliqué ses locataires, des jeunes femmes travaillant pour un salaire proche du minimum, dans la récolte et la transformation des fruits. Ensemble, ils ont préparé trois litres de confiture par pot Mason stérilisé. Cette initiative a permis aux locataires d’offrir des cadeaux à leurs familles pour Noël, tout en créant un moment convivial. L’auteur y voit une alternative à la surconsommation et au gaspillage alimentaire.

Le gaspillage alimentaire

Selon un rapport de 2024 de Second Harvest, un organisme canadien dédié à la sécurité alimentaire, 18 % du gaspillage alimentaire évitable au Canada provient des étapes de prérécolte et d’entreposage chez les producteurs. Cela équivaut aux pertes observées dans les foyers. Bien que certaines entreprises transforment ces denrées, cela reste insuffisant pour éviter que des tonnes d’aliments ne soient jetées. L’auteur souligne que cette situation coexiste avec des populations en difficulté financière, dont les besoins ne sont pas couverts par les ressources des organismes communautaires.

Propositions de valorisation

L’auteur propose des solutions pour réduire le gaspillage alimentaire, comme la transformation des surplus en produits distribués dans les services publics (CPE, hôpitaux, CHSLD). Il suggère que ces initiatives pourraient être plus rentables que l’importation de produits similaires, tout en ayant un impact environnemental positif. Il insiste sur la nécessité d’une volonté politique pour créer des emplois et structurer ces filières. Cette réflexion s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les ressources sont mieux utilisées et les déchets minimisés.

Autres formes de gaspillage

L’auteur aborde d’autres exemples de gaspillage dans la société québécoise. Il cite les pertes d’eau potable, estimées à 30 % avant d’atteindre les robinets, causées par des fuites dans les canalisations. Il mentionne aussi l’absence de normes pour les nouvelles constructions, qui utilisent encore de l’eau potable pour les toilettes alors que des alternatives existent. Enfin, il évoque le gaspillage de bois issu des grands projets de construction ou d’électricité, où des milliers d’arbres sont brûlés, pourris ou noyés sans valorisation obligatoire. Ces exemples soulignent un manque de gestion responsable des ressources.

Logements vacants et responsabilité

L’auteur s’interroge sur les 25 000 logements vacants à Montréal, en pleine crise du logement. Il questionne la priorité donnée à la facilité plutôt qu’à la responsabilité collective, en rappelant que l’économie (du grec oikos, maison, et nomos, loi) désigne à la fois la gestion des richesses et la réduction des dépenses superflues. Il cite le Larousse, qui définit l’économie comme l’épargne ou la parcimonie. Il invite à repenser les lois et règlements pour éviter le gaspillage, en soulignant que les citoyens sont souvent les premiers à être sollicités pour des efforts individuels.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’inaction politique, l’auteur décide d’agir à son échelle en évitant le gaspillage au quotidien. Il cite des exemples concrets comme la réparation de vieilles tuiles, la transformation de basilic en pesto, ou l’achat de légumes *moches* (légumes difformes mais comestibles) pour des potages. Il mentionne aussi son intention de voter lors des élections du 5 octobre, espérant contribuer à un changement collectif. Ces actions reflètent une prise de conscience personnelle, où chaque geste compte, même s’il reste insuffisant sans une mobilisation plus large.

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