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La Chine vient de bannir les relations amoureuses entre un humain et une IA

Presse-Citron · mis à jour il y a 22 j

Fin de partie pour les chatbots qui simulent une relation amoureuse : Pékin veut que ses berceaux se remplissent de bébés et que ses habitants arrêtent de roucouler avec leurs applications..

Interdiction des relations IA-humain

La Chine a adopté une loi le 15 juillet 2026 interdisant les relations amoureuses entre un humain et une intelligence artificielle (IA). Cette mesure vise à limiter l'utilisation de chatbots spécialisés dans les relations affectives, comme Character.ai, Replika, JanitorAI, Chai, SpicyChat ou Talkie, ainsi que des outils généralistes comme ChatGPT. Ces applications, souvent utilisées pour combler un vide émotionnel, sont accusées de créer une dépendance affective, notamment chez les adolescents. La nouvelle réglementation impose aux entreprises de prévenir les contacts d'urgence en cas de détresse émotionnelle détectée et d'évaluer leurs produits avant leur mise à disposition du public. L'État chinois se réserve également le droit de désactiver les chatbots jugés dangereux. Cette décision s'inscrit dans un contexte où ces outils sont de plus en plus populaires, notamment aux États-Unis, où des cas extrêmes comme un suicide lié à un chatbot ont été rapportés.

Crise démographique chinoise

La Chine fait face à une crise démographique sans précédent, avec une population en déclin depuis 2025, tombant à 1,405 milliard d'habitants. Le taux de natalité y est au plus bas jamais enregistré, et l'âge moyen de la population n'a jamais été aussi élevé. Cette situation est en partie attribuée à la politique de l'enfant unique, mise en place en 1979, assouplie en 2015 puis abandonnée en 2021, qui a laissé des conséquences durables. Le déséquilibre des sexes, causé par des décennies de sélection prénatale du sexe, est tel que l'Académie chinoise des sciences sociales estime qu'un homme sur cinq ne trouvera jamais d'épouse. Face à cette crise, le gouvernement cherche à éviter que les jeunes générations ne se tournent vers des relations virtuelles avec des IA, ce qui réduirait encore davantage les naissances.

Réglementation et limites

La nouvelle loi chinoise interdit aux entreprises de concevoir des agents IA favorisant une dépendance affective, notamment avec des mineurs, et impose des évaluations réglementaires strictes avant la commercialisation des chatbots. Cependant, cette réglementation est critiquée pour ne pas s'attaquer aux causes profondes de la crise démographique. En effet, la préférence des jeunes pour les relations virtuelles reflète d'abord les difficultés socio-économiques auxquelles ils sont confrontés : des journées de travail de neuf heures, six jours par semaine, une ultra-compétition pour l'emploi et les études, un pouvoir d'achat en baisse, et des dépenses impossibles à couvrir pour des besoins essentiels comme le logement, les soins, l'éducation des enfants ou le soutien aux parents âgés. Le gouvernement est accusé de désigner les chatbots comme boucs émissaires pour éviter de reconnaître l'échec de son modèle social.

Ce que ça pourrait changer

Matt Sheehan, chercheur au *Carnegie Endowment for International Peace* et spécialiste de l'IA chinoise, souligne que la loi chinoise vise principalement à éviter que les jeunes générations ne se détournent du marché matrimonial au profit de relations virtuelles. Il évoque un scénario extrême où 15 millions de femmes chinoises pourraient déclarer avoir un partenaire IA d'ici trois ou quatre ans, ce qui aggraverait encore la baisse des naissances. Pourtant, les experts soulignent que cette réglementation ne résoudra pas la crise démographique, car elle ne s'attaque pas aux problèmes structurels comme le coût de la vie ou la pression sociale. En ciblant les chatbots, le gouvernement chinois évite de remettre en question son modèle économique et social, qui maintient une grande partie de la population dans des conditions de vie difficiles.

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