Délais d’immigration : forcée d’abandonner sa classe dans 10 jours
Les permis de travail de dizaines d’employés scolaires arriveront très bientôt à échéance..
Imane Benchouk, une enseignante en mathématiques au Québec, fait face à une situation critique en raison des délais administratifs liés à son immigration. Son permis de travail expire le 23 septembre 2026, mais elle n’a toujours pas reçu le certificat de sélection du Québec (CSQ), un document essentiel pour obtenir sa résidence permanente. Ce délai menace son emploi et sa vie au Québec, provoquant un stress intense. Six mois plus tôt, un reportage avait révélé que des centaines d’enseignants immigrants envisageaient de quitter la province en raison de ces mêmes problèmes. Malgré une invitation reçue après une médiatisation de son cas, Imane attend toujours son CSQ depuis près de six mois, sans explication claire des autorités.
Le problème d’Imane Benchouk est lié à l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) à l’automne 2025, remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Le PEQ permettait aux immigrants ayant travaillé ou étudié au Québec d’obtenir plus facilement leur résidence permanente. Son remplacement a créé des retards et des incertitudes pour des milliers de personnes, dont Imane. Bien que le gouvernement québécois ait réactivé temporairement le PEQ pour deux ans face aux critiques, des complications persistent. Le ministère de l’Immigration (MIFI) affirme avoir accéléré le traitement des dossiers, mais sans préciser de délais concrets ni donner de détails sur le cas d’Imane.
Le départ forcé d’Imane Benchouk aurait un impact majeur sur son école secondaire de Longueuil, où elle enseigne depuis trois ans. Son directeur, Benoît Pilon, souligne son engagement exceptionnel auprès des élèves, notamment ceux en difficulté. Le Québec fait face à une pénurie d’enseignants qualifiés, ce qui rend son remplacement difficile, surtout en cette période de rentrée scolaire. Kathleen Legault, représentante des directions d’écoles de Montréal, dénonce cette situation : des efforts sont investis pour intégrer ces enseignants, mais ils doivent partir au moment où ils deviennent pleinement opérationnels. Selon trois centres de services scolaires du Grand Montréal, 215 employés ont un permis de travail ou d’études arrivant à échéance d’ici la fin 2026.
En juillet 2026, plus de 9 000 demandes de CSQ étaient en attente dans le cadre du PSTQ et près de 7 000 dans celui du PEQ. Les solutions pour les personnes comme Imane sont rares et complexes. L’avocat Yves Martineau explique qu’il est possible de demander un rétablissement de statut après 90 jours d’attente, mais cela nécessite des ressources financières pour survivre pendant cette période. Renouveler un permis de travail ouvert est une autre option, mais elle est très restrictive et souvent inaccessible. Imane a tenté de prolonger son statut en s’inscrivant à un programme court pour devenir enseignante qualifiée, mais sa candidature a été refusée en raison de l’expiration imminente de son permis. Enfin, elle pourrait demander une fiche visiteur pour rester quelques semaines de plus, mais cette solution n’est ni idéale ni durable.
Imane Benchouk est dévastée à l’idée de quitter ses élèves, qu’elle aime profondément. Elle regrette de ne pas avoir quitté le Québec plus tôt, car chaque jour passé dans l’incertitude aggrave son stress. Elle envisage désormais de déménager dans une autre province canadienne via le programme *Entrée express*, une option devenue plus populaire après la fermeture du PEQ. Cependant, cette solution implique un nouveau départ, loin de ses racines québécoises. Son cas illustre les difficultés rencontrées par des milliers d’immigrants qualifiés, dont le statut dépend de délais administratifs imprévisibles, malgré les promesses gouvernementales de priorisation.

