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Géopolitique

En Roumanie, le Premier ministre Siegfried Mureșan n’a pas obtenu la confiance du Parlement

Le Grand Continent · mis à jour 30 sept.

Le pays se dirige-t-il vers des élections anticipées ? L’article En Roumanie, le Premier ministre Siegfried Mureșan n’a pas obtenu la confiance du Parlement est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Échec du Premier ministre

Le 30 septembre 2026, Siegfried Mureșan, Premier ministre désigné de Roumanie, n’a pas obtenu la confiance du Parlement. Il n’a recueilli que 182 voix sur les 233 nécessaires pour former un gouvernement. Mureșan, député européen issu du PNL (Parti national libéral) et vice-président du PPE (Parti populaire européen), était soutenu par son parti et le PSD (Parti socialiste démocrate). Cependant, ces deux formations politiques, qui disposent ensemble de 218 sièges sur 464 au Parlement, n’ont pas suffi à atteindre la majorité requise. Cette situation bloque la formation d’un gouvernement stable en Roumanie.

Choix du président

Le président roumain, Nicușor Dan, doit désormais choisir entre deux options pour sortir de cette impasse politique. La première consiste à convoquer des élections anticipées, une solution qu’il a pour l’instant exclue, notamment en raison de la montée en puissance du parti d’extrême droite AUR (Alliance pour l’union des Roumains) dans les sondages. La seconde option serait de désigner un nouveau candidat au poste de Premier ministre, probablement issu du PSD, comme Sorin Grindeanu. Le PSD est le parti le plus susceptible de former une coalition viable, mais cette solution dépendra des négociations politiques à venir.

Causes de la crise

La chute du gouvernement précédent, dirigé par Bolojan, et l’échec de Mureșan s’expliquent en partie par des mesures d’austérité critiquées par le PSD et l’AUR. Ces partis reprochaient au gouvernement ses politiques économiques, jugées trop restrictives, alors que le déficit public roumain atteignait 7,9 % du PIB en 2025, le plus élevé de l’Union européenne. Sans gouvernement stable, la Roumanie risque de voir sa note souveraine dégradée en catégorie spéculative (« junk »), ce qui pourrait compliquer son accès aux marchés financiers et augmenter le coût de sa dette.

Rôle de l’AUR

L’AUR (Alliance pour l’union des Roumains), parti d’extrême droite, joue un rôle central dans cette crise politique. Il dispose de 218 sièges au Parlement, en alliance avec le PSD, mais refuse de voter pour tout gouvernement tant que Călin Georgescu, son leader, reste en détention provisoire. Georgescu, qui avait remporté 22,94 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle annulée en décembre 2024, a été arrêté en février 2025 pour des accusations de financements occultes en provenance de Moscou. Le parquet roumain l’accuse d’avoir reçu des fonds étrangers pour influencer les élections, une affaire qualifiée par le ministre des Affaires étrangères comme une « forme d’ingérence dans les élections internes d’un autre État ».

Ce que ça pourrait changer

La Roumanie se trouve au cœur d’une **guerre hybride** entre la Russie et les États-Unis. D’un côté, Moscou testerait la réactivité de l’OTAN en multipliant les provocations, comme en témoignent les 15 décollages d’urgence d’avions de chasse espagnols F-18 depuis la base de Mihail Kogălniceanu en août 2026. De l’autre, Washington exerce des pressions pour influencer les décisions politiques roumaines. En mars 2026, Kimberly Guilfoyle, ambassadrice américaine en Grèce, aurait évoqué lors d’un dîner privé la chute imminente du gouvernement roumain, suggérant un rôle possible des États-Unis dans cette instabilité. Par ailleurs, le département d’État américain a lancé en juillet 2026 un programme de financement de 3 millions de dollars pour soutenir des organisations alignées sur ses positions en Europe.

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