Le référendum sur l’indépendance en quatre chiffres
À peine élu, Paul St-Pierre Plamondon a réitéré son intention de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec..
Le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), a annoncé qu’il ne lancerait pas de campagne référendaire sur l’indépendance avant le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche. Ce dernier, réélu en novembre 2024 pour un second mandat de quatre ans, doit quitter ses fonctions en janvier 2029, soit dans 27 mois. Cette décision vise à éviter un climat d’incertitude économique et politique, Donald Trump ayant exprimé des craintes quant à l’impact d’un référendum québécois. Cette attente prolongée contraste avec la durée moyenne d’un gouvernement minoritaire au Québec, comme celui de Jean Charest entre 2007 et 2008, qui a duré 20 mois.
Le Parti québécois a précisé que, en cas de référendum, la majorité requise pour l’indépendance serait de 50% + 1 des voix exprimées, conformément à la loi québécoise sur la consultation populaire. Cette règle a été validée par un comité d’experts et approuvée par l’Assemblée nationale. Le PQ promet une question claire et transparente, avec la présence d’observateurs internationaux pour garantir la légitimité du scrutin. En cas de victoire du Oui, le Québec s’engage à négocier avec le gouvernement fédéral canadien, comme l’a exigé la Cour suprême du Canada en 1995 pour éviter une déclaration unilatérale d’indépendance.
Depuis la Confédération canadienne en 1867, le Québec a participé à six référendums ou plébiscites à l’échelle nationale ou provinciale. Parmi ceux-ci, cinq ont abouti à un Non et un seul à un Oui. Le premier référendum québécois sur la souveraineté-association en 1980 a vu 60% des Québécois voter contre l’indépendance. En 1995, le second référendum s’est joué à un écart de 1,16% : 50,58% pour le Non contre 49,42% pour le Oui, avec un taux de participation record de 93,5%. Les autres référendums, comme celui de 1992 sur l’accord constitutionnel de Charlottetown, ont également abouti à un rejet de l’option indépendantiste par les Québécois.
Selon un sondage Synopsis-La Presse réalisé fin septembre 2026, seulement 25% des Québécois soutiennent l’indépendance, contre 63% qui y sont opposés et 12% d’indécis. Une fois ces derniers répartis proportionnellement, l’appui à la souveraineté atteint 29%, tandis que 71% s’y opposent. Ce taux est en baisse depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, après avoir dépassé 40% à plusieurs reprises depuis les années 1990. À la veille des élections, 52% des Québécois pensaient que Paul St-Pierre Plamondon tiendrait sa promesse d’organiser un référendum, mais seuls 13% croyaient à une victoire du *Oui*, 67% anticipant une défaite et 20% ne se prononçant pas.

