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Constitution provisoire : les Autochtones seront consultés, mais sans veto, promet PSPP

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 oct.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation s’est invitée dans la campagne électorale au Québec..

Consultation sans veto

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé que les Premières Nations et les Inuit seraient consultés sur la future constitution provisoire du Québec en cas d'indépendance, mais sans disposer d'un droit de veto. Cette constitution provisoire, prévue dans le Livre bleu du PQ, servirait de loi fondamentale temporaire entre un référendum gagnant sur l'indépendance et l'adoption d'une constitution définitive. Paul St-Pierre Plamondon a souligné que cette consultation était une obligation pour intégrer les voix autochtones, mais que le processus serait différent d'une constitution permanente. Il a expliqué que cette constitution provisoire, conçue comme un pont, durerait peu de temps et visait à assurer une stabilité juridique et politique pendant la transition vers l'indépendance du Québec. Le terme droit de veto désigne ici un pouvoir de blocage absolu, que les Autochtones n'auront pas dans ce cadre.

Réactions des partis

La position du PQ a suscité des réactions chez les autres partis politiques. Québec solidaire (QS) a critiqué le manque de participation autochtone dans le processus, proposant plutôt une assemblée constituante incluant les Premières Nations pour rédiger une constitution soumise à référendum. Alexandre Boulerice, candidat de QS dans Gouin, a questionné l'impact de cette annonce sur une future coalition indépendantiste avec le PQ. Du côté des libéraux, la cheffe Christine Fréchette a rejeté l'idée d'un jour férié dédié à la vérité et à la réconciliation, privilégiant une transformation des relations avec les Autochtones. Le chef conservateur Éric Duhaime a, quant à lui, nié l'existence d'un racisme systémique au Québec, tout en s'engageant à inclure les nations autochtones dans 17 tables régionales décisionnelles. Le Parti libéral de Charles Milliard n'a pas retenu cette proposition de jour férié, mais l'a considérée comme un enjeu important.

Absence des Autochtones

Francis Verreault-Paul, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), a déploré l'absence quasi totale des enjeux autochtones dans la campagne électorale de 2026. Il a souligné que les thèmes comme l'exploitation des ressources naturelles et l'accès aux territoires, cruciaux dans le contexte de tensions commerciales internationales, nécessitent une collaboration avec les Premières Nations. Verreault-Paul a rappelé que la relation de nation à nation était évoquée depuis des décennies, mais n'était pas concrétisée à l'Assemblée nationale. Il a exprimé l'espoir que les partis politiques auront le courage de traduire ces principes en actions, afin de stabiliser les relations pour l'avenir. L'APNQL regroupe 43 communautés autochtones au Québec et au Labrador.

Proposition de jour férié

Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire, a proposé de faire du 30 septembre un jour férié dédié à la vérité et à la réconciliation, comme c'est déjà le cas ailleurs au Canada. Cette journée serait consacrée à la réflexion et au recueillement, accompagnée d'une campagne nationale de sensibilisation pour favoriser le dialogue entre les peuples. Ghazal a affirmé que les Québécois pouvaient être des alliés des Autochtones. Cependant, cette idée a été rejetée par Christine Fréchette (PLQ) et n'est pas retenue par le Parti conservateur. Charles Milliard (PLQ) a reconnu l'importance de la réconciliation, mais a souligné l'impact économique des jours fériés. Le 30 septembre correspond à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, instaurée au Canada pour commémorer les victimes des pensionnats autochtones.

Ce que ça pourrait changer

Le grand chef de la Nation Wendat, Pierre Picard, a rencontré Éric Duhaime (PCQ) pour discuter des enjeux autochtones. Picard n'a pas commenté publiquement la position de Duhaime sur le *racisme systémique*, mais a participé à la discussion sur l'inclusion des nations autochtones dans les processus décisionnels. Francis Verreault-Paul (APNQL) a réitéré l'importance d'une relation de *nation à nation*, un principe souvent évoqué mais rarement appliqué concrètement. Aucun chef autochtone n'a pris position publiquement sur la proposition de constitution provisoire du PQ, mais les consultations promises par Paul St-Pierre Plamondon pourraient impliquer des représentants des Premières Nations et des Inuit dans les mois à venir.

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