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La Paris Fashion Week face au réchauffement climatique : l’industrie de la mode rattrapée par la hausse des températures

Presse-Citron · mis à jour il y a 28 j

Vendre des manteaux en cachemire et des parkas quand le Soleil cogne dehors et que le thermomètre frôle les 30 °C : les grandes maisons de luxe découvrent, sur le tard, que le réchauffement climatique ne concerne pas que les glaciers et les ours polaires..

Événement perturbé

La Paris Fashion Week, un défilé de mode prestigieux fondé en 1973, s'est tenue du 28 septembre au 6 octobre 2026. Cet événement bisannuel permet aux grandes marques de luxe de présenter leurs collections printemps-été, tandis que les boutiques commercialisent des pièces automne-hiver. En temps normal, les invités portent les vêtements fraîchement acquis, comme des manteaux ou des cuirs. Cependant, cette année, des températures exceptionnellement élevées, atteignant 28 °C lors des défilés, ont perturbé cette tradition. Le 29 septembre à 16 heures, le thermomètre affichait encore 27 °C à Paris, selon Météo-France. Ces conditions ont rendu inadaptés les vêtements saisonniers, forçant les participants à privilégier des tenues d'été comme des débardeurs ou des jupes courtes, au détriment des collections présentées.

Adaptation des marques

Face à ces températures anormalement élevées pour la saison, les marques de luxe ont dû s’adapter. Par exemple, Dior a installé des ventilateurs dans une structure éphémère pour ses mannequins lors de son défilé du 29 septembre dans les jardins des Tuileries. Malgré cela, certains invités en vêtements d’automne ont dû quitter les gradins en raison de la chaleur étouffante. Chez Louis Vuitton, qui a clos la semaine le 6 octobre, la plupart des spectateurs portaient des tenues estivales, et les manteaux étaient quasi absents des premiers rangs. Nicolas Ghesquière, directeur artistique de la ligne féminine de Louis Vuitton, a expliqué que les vagues de chaleur record en Europe avaient influencé sa dernière collection, axée sur des tissus légers et des coupes fines, comparables à des maillots de bain. Ces adaptations illustrent un changement de stratégie face au réchauffement climatique.

Impact économique

L’industrie de la mode, dont les pièces chaudes (manteaux, doudounes, vestes doublées) représentent les articles les plus rentables, est directement touchée par ces perturbations. Selon Pau Almar, consultant dans le commerce de détail et ancien cadre chez Zara, le changement climatique décale la période de vente des manteaux, poussant les consommateurs à attendre les soldes de fin novembre pour renouveler leur garde-robe. Cela risque d’entraîner un surplus de stocks d’invendus et une réduction des marges pour les distributeurs, dans un secteur où les pièces saisonnières sont cruciales pour la rentabilité. Les marques devront donc repenser leur calendrier de production, traditionnellement figé depuis plus de 50 ans, pour s’adapter à ces nouvelles réalités climatiques.

Ce que ça pourrait changer

Bien que ces perturbations puissent sembler anecdotiques, elles reflètent une crise plus large : le réchauffement climatique. L’industrie de la mode, l’une des plus polluantes au monde, est confrontée à ses propres limites face à cette réalité. Les géants du luxe comme LVMH, Kering, Hermès ou Chanel, dont la capitalisation boursière dépasse parfois le PIB de certains pays, disposent des ressources nécessaires pour s’adapter. Leur capacité à ajuster leurs stratégies commerciales et de production leur permettra de continuer à vendre leurs produits à prix fort. Cependant, le réchauffement climatique reste une crise civilisationnelle d’une ampleur bien supérieure aux défis logistiques de cette industrie, soulignant l’urgence d’une transformation globale.

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