Les ventes de livres à leur plus haut niveau depuis 2010 au Québec
En 2025, les ventes des détaillants, des éditeurs et des distributeurs ont totalisé 728 millions en dollars courants..
En 2025, les ventes de livres neufs au Québec ont atteint leur plus haut niveau depuis 2010, avec un total de 728 millions de dollars. Ce chiffre représente une augmentation de 3,2 % par rapport à 2024, confirmant une tendance à la hausse pour la cinquième année consécutive. Pour rappel, l’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec est l’organisme qui publie ces données annuelles. Cette hausse s’inscrit après un recul marqué en 2020, lié à la pandémie de COVID-19, qui avait perturbé de nombreux secteurs, dont celui du livre. Depuis, le marché a connu une reprise progressive, avec une croissance globale de 25 % en cinq ans, soit l’équivalent de 145 millions de dollars supplémentaires.
Une partie de la hausse des ventes en dollars s’explique par l’augmentation des prix des livres. Cependant, même en neutralisant cet effet, la croissance reste réelle. En analysant les données en dollars constants (qui corrigent l’inflation), les ventes de 2025 atteignent 610 millions de dollars, soit 6 % de plus qu’en 2024. Ce niveau dépasse la moyenne des années 2015 à 2019, où les ventes s’élevaient en moyenne à 597 millions de dollars par an. Cela montre que, malgré la hausse des prix, les Québécois achètent davantage de livres, ou que les éditeurs vendent plus de titres, ou les deux.
Les ventes de livres au Québec se répartissent principalement entre trois canaux. Les librairies, qu’elles soient indépendantes ou en chaîne, représentent 64,5 % des ventes, confirmant leur rôle central dans la diffusion du livre. Les magasins de grande diffusion (comme les supermarchés, kiosques à journaux ou pharmacies) captent 9,6 % des ventes, tandis que les éditeurs et distributeurs vendent directement aux particuliers ou aux collectivités (écoles, bibliothèques) dans 26,5 % des cas. Par exemple, ces ventes directes incluent les stands des salons du livre. Entre 2024 et 2025, les librairies en chaîne ont vu leurs ventes augmenter de 0,9 %, tandis que les librairies indépendantes ont enregistré une légère baisse de 0,9 %, mais restent globalement en croissance depuis 2021.
Les librairies agréées sont celles qui sont reconnues par des organismes professionnels ou gouvernementaux, souvent pour leur rôle dans la promotion de la littérature locale. En 2025, leurs ventes ont diminué de 2,9 % par rapport à 2024, mais restent supérieures de 3,6 % à celles de 2021. À l’inverse, les librairies non agréées ont connu une progression de 10 % de leurs ventes, soit 3,1 % de plus qu’en 2021. Cette différence suggère que les consommateurs se tournent de plus en plus vers des points de vente moins traditionnels, ou que ces librairies répondent à une demande spécifique, comme des ouvrages spécialisés ou des formats alternatifs.
La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif sur le marché du livre en 2020, comme sur de nombreux autres secteurs. Cependant, il est difficile de distinguer cet effet de la baisse structurelle observée depuis plusieurs années avant la crise sanitaire. Dès 2021, le marché a commencé à se redresser, avec une reprise notable qui s’est poursuivie jusqu’en 2025. L’*Observatoire de la culture et des communications* souligne que cette croissance est attribuable à une reprise de la demande, mais aussi à des facteurs comme l’augmentation des prix ou l’émergence de nouveaux modes de consommation, comme les livres numériques ou les abonnements.

