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Généraliste

France : une situation budgétaire difficile dans un pays en ébullition

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 28 j

Face à la crise en éducation qui secoue le pays, la marge de manœuvre du gouvernement est mince..

Crise sociale et financière

La France traverse une période de tensions sociales marquées par des manifestations étudiantes, des blocages de lycées et des appels à la grève, survenant six mois avant l’élection présidentielle. Ces mouvements s’inscrivent dans un contexte où les finances publiques du pays inquiètent économistes et investisseurs. Le gouvernement français peine à maîtriser ses dépenses, ce qui entraîne une hausse des coûts d’emprunt sur les marchés internationaux. Cette situation est aggravée par la hausse des prix de l’énergie, qui réduit la marge de manœuvre budgétaire du pays. Selon un économiste et un analyste interrogés par Radio-Canada, la France fait face à une combinaison de crises économiques et sociales sans précédent.

Dette et déficit record

La France n’a pas présenté de budget équilibré depuis 1974, ce qui signifie que ses dépenses dépassent systématiquement ses revenus depuis plus de 50 ans. En 2026, le déficit budgétaire atteint 5,4 % du PIB, un niveau bien supérieur à celui du Québec (1,2 % en 2025-2026) ou du Canada fédéral (2,2 % en 2025). La dette publique française représente 118 % du PIB, un ratio plus élevé que celui du Canada (111 % en 2026). Ces chiffres illustrent l’incapacité de l’État à réduire son endettement, malgré des dépenses déjà élevées. Pour donner une idée de l’ampleur, la France dépense désormais davantage en paiements d’intérêts sur sa dette qu’en éducation ou en défense, ce qui limite ses capacités d’investissement dans d’autres secteurs.

Coût d’emprunt en hausse

Le coût pour emprunter sur les marchés, appelé taux obligataire, a fortement augmenté en France. En octobre 2026, le taux à 10 ans atteint 4,89 %, un niveau inédit depuis les années 2000. Ce taux reflète la confiance des investisseurs dans la capacité de la France à rembourser ses dettes. Plus ce taux est élevé, plus le gouvernement doit payer cher pour se financer. Par comparaison, l’Allemagne, considérée comme un pays plus stable économiquement, emprunte à un taux bien inférieur (3,95 % pour le Canada, par exemple). Cette différence creuse un écart qui rappelle les tensions de la crise de la zone euro du début des années 2010, où certains pays comme la Grèce avaient frôlé la faillite.

Contexte politique bloqué

La situation budgétaire de la France est aggravée par une paralysie politique. Depuis 2024, l’Assemblée nationale est fragmentée, rendant difficile l’adoption de réformes ou de budgets. Cette instabilité est le résultat de la dissolution de l’Assemblée par le président Emmanuel Macron en juillet 2024, une décision qui a accentué les divisions. Selon les analystes, peu importe qui remportera l’élection présidentielle en 2026, le prochain gouvernement devra composer avec une Assemblée sans majorité claire. Cette situation limite fortement la capacité à mettre en place des mesures d’austérité ou de rigueur budgétaire, comme l’ont fait d’autres pays européens comme l’Espagne ou l’Italie dans le passé.

Solutions limitées et risquées

Pour améliorer ses finances, la France dispose de deux leviers principaux : augmenter les impôts ou réduire les dépenses. Cependant, les deux options sont politiquement explosives. Les impôts en France sont déjà parmi les plus élevés des économies avancées, ce qui rend une hausse improbable sans risquer d’étouffer l’activité économique. Côté dépenses, une réduction significative nécessiterait des réformes impopulaires, comme une augmentation de l’âge de la retraite, un sujet qui avait provoqué des manifestations massives en 2023. Selon les économistes interrogés, il n’existe pas de solution facile à court ou moyen terme pour résoudre cette crise budgétaire, sans compter que le vieillissement de la population aggrave naturellement les pressions sur les finances publiques.

Ce que ça pourrait changer

La France se distingue dans le *G7* par sa situation budgétaire particulièrement fragile. Seul les États-Unis présentent des indicateurs comparables, mais avec un avantage majeur : leur monnaie, le dollar, est la principale *monnaie de réserve* mondiale. Cela permet aux États-Unis d’emprunter à moindre coût et de moins subir les pressions des marchés. La France, en revanche, utilise l’euro, partagé avec d’autres pays européens, ce qui limite sa marge de manœuvre. Les économistes soulignent que la France était déjà vulnérable à un choc économique comme la guerre en Iran, qui a encore fragilisé sa position. Sans réformes structurelles, la situation risque de se dégrader davantage dans les années à venir.

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