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Géopolitique

Au Portugal aussi, la révolte des jeunes contre la crise du logement prend de l’ampleur

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

À Lisbonne, Porto et dans d’autres villes, des campements ont été installés pour protester contre la crise du logement. Ils ont jusqu’ici résisté aux interventions de la police.

Campements à Lisbonne

Depuis le 18 octobre 2026, des manifestants occupent la place Rossio, au centre de Lisbonne, avec des tentes pour protester contre la crise du logement dans le pays. Bruno, un manifestant de 30 ans, déclare que le mouvement est déterminé à persister, affirmant : « Nous sommes ici pour rester. » Les protestataires, organisés en assemblées populaires, gèrent eux-mêmes les tâches quotidiennes comme la cuisine ou le nettoyage. Le mouvement s’étend également à Porto, où 50 tentes abritaient 80 personnes le 19 octobre au matin. Les revendications principales incluent la demande de plus de logements publics et l’annulation d’une réforme facilitant les expulsions. Malgré les interventions policières, qui considèrent ces rassemblements illégaux après 0h30, les campements résistent et se maintiennent.

Répression et mobilisation

À Porto, une charge policière a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026, faisant 39 blessés. Pourtant, les manifestants ont rapidement reconstruit les tentes, montrant la résilience du mouvement. Les protestations s’étendent désormais à Faro et Funchal, deux autres villes portugaises. Certains appellent à une « grève générale ibérique » le 11 novembre 2026, dans l’espoir de s’unir aux mouvements similaires en Espagne, où des manifestations pour le logement durent depuis quatre semaines. Ces mobilisations espagnoles ont même conduit à la convocation d’élections législatives anticipées pour le 29 novembre 2026. Le slogan « Les jeunes ne vont pas bien » résume l’état d’esprit des manifestants, qui dénoncent l’impossibilité d’accéder à un logement abordable.

Réformes contestées

Les manifestants portugais s’opposent à une réforme gouvernementale qui facilite les expulsions locatives. Cette réforme, critiquée pour son manque de protection des locataires, est perçue comme une aggravation de la crise du logement. Le mouvement réclame des solutions structurelles, comme la construction de logements publics à loyers modérés, pour répondre à la pénurie qui touche particulièrement les jeunes et les classes moyennes. Le Portugal, comme d’autres pays européens, fait face à une hausse des prix de l’immobilier et à une spéculation foncière accrue, rendant l’accès au logement de plus en plus difficile pour une partie croissante de la population.

Ce que ça pourrait changer

Le Portugal n’est pas le seul pays européen touché par cette crise. En Espagne, les manifestations pour le logement ont débuté il y a quatre semaines et ont pris une ampleur nationale. Ces mobilisations ont même influencé le calendrier politique, avec la convocation d’élections législatives anticipées pour le 29 novembre 2026. Les deux pays partagent des enjeux similaires : des prix de l’immobilier élevés, une offre insuffisante de logements sociaux et des politiques publiques jugées insuffisantes par les citoyens. Les manifestants espèrent que la coordination entre les mouvements ibériques renforcera leur impact et accélérera les changements politiques.

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