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Géopolitique

Sous les bombes, Kiev est devenue une “ligne de front” comme le Donbass

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Depuis le mois de juillet, et particulièrement ces dernières semaines, la capitale ukrainienne est bombardée sans relâche par la Russie, qui a changé de stratégie en frappant à toute heure, et plus seulement la nuit. Ce qui commence à entamer lentement la résilience des habitants de Kiev, raconte le quotidien italien “La Stampa”..

Kiev sous les bombes

Depuis juillet 2026, la capitale ukrainienne, Kiev, subit des bombardements russes quasi quotidiens, marquant un tournant dans la guerre en Ukraine. Contrairement aux attaques nocturnes des mois précédents, les frappes ont désormais lieu à toute heure, y compris le jour. Ces raids, qui ciblent des infrastructures civiles et industrielles, transforment la ville en un front actif, similaire à la région du Donbass, épicentre des combats depuis 2014. Les habitants, habitués à l’adaptation, doivent désormais composer avec des alertes aériennes constantes et des destructions visibles, comme des colonnes de fumée s’élevant des banlieues chaque matin. Cette stratégie russe vise à épuiser la résistance morale et logistique de la population, en s’attaquant non seulement aux réseaux énergétiques mais aussi aux symboles culturels, comme le Salon du livre annuel de Kiev, réduit en cendres par des missiles ayant détruit plusieurs millions d’ouvrages.

Destructions et résilience

Les attaques récentes ont détruit des entrepôts stratégiques, dont un dépôt de produits pharmaceutiques, une usine Coca-Cola, une plateforme logistique et des réserves alimentaires. Ces cibles, apparemment anodines, révèlent une volonté de fragiliser l’économie ukrainienne et la vie quotidienne. Par exemple, la destruction de stocks de glaces ou de maisons d’édition illustre l’impact sur les secteurs économiques et culturels. Les habitants, comme Pavlo Olekseivich, un résident de Kiev, se préparent déjà à l’hiver 2026-2027 en sécurisant leurs installations, comme ajouter de l’antigel dans les circuits de chauffage pour éviter le gel des tuyaux. Les centrales électriques et thermiques, bien que non encore ciblées en septembre, sont menacées pour octobre, période où les températures chuteront. Cette anticipation reflète l’épuisement progressif des ressources et la résilience des Kievites, qui doivent désormais gérer des pénuries potentielles d’électricité, de chauffage et de denrées.

Stratégie russe et enjeux

Le changement de tactique russe, passant des frappes nocturnes aux attaques diurnes et massives, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à briser le moral ukrainien et à affaiblir son économie. En ciblant des infrastructures civiles et des symboles culturels, Moscou cherche à créer un climat de terreur et d’incertitude, tout en testant la capacité de résistance de Kiev. Les frappes sur des cibles comme l’usine Coca-Cola ou des entrepôts alimentaires montrent une volonté de toucher directement la vie des habitants, au-delà des objectifs militaires traditionnels. Cette approche, combinée à des attaques sur des centrales énergétiques prévues pour l’automne, pourrait aggraver une crise humanitaire déjà marquée par des pénuries et des coupures de courant. Le Kremlin, par ces actions, tente de démontrer sa capacité à étendre le conflit au-delà des zones de front traditionnelles, tout en mettant sous pression le gouvernement ukrainien et la population.

Impact culturel et économique

Les bombardements ont également un impact profond sur la culture et l’économie ukrainiennes. Le report du Salon du livre annuel de Kiev, en raison de la destruction de millions d’ouvrages, illustre comment la guerre étouffe la vie intellectuelle et artistique du pays. Les maisons d’édition, les entrepôts de denrées alimentaires et même les usines de produits de consommation courante sont devenus des cibles, privant les Ukrainiens de biens essentiels et de loisirs. Cette stratégie de destruction systématique vise à saper le tissu social et économique du pays, en ciblant des secteurs qui, bien que non militaires, sont vitaux pour la cohésion nationale. Les conséquences à long terme pourraient inclure une perte de patrimoine culturel, une baisse de la production industrielle et une détérioration des conditions de vie, aggravant la crise humanitaire déjà en cours.

Ce que ça pourrait changer

Avec l’arrivée de l’automne et des premiers froids, les Kievites se préparent à une période encore plus difficile. Les autorités et les habitants anticipent des coupures d’électricité et de chauffage, comme lors de l’hiver précédent, où des millions de foyers avaient été privés de services essentiels. Les préparatifs incluent l’achat d’équipements de secours, comme des générateurs électriques, et la sécurisation des installations domestiques, comme l’ajout d’*antigel* dans les circuits de chauffage. Les centrales thermiques, déjà fragilisées par les bombardements, risquent de ne pas suffire à répondre à la demande, surtout si les frappes s’intensifient. Cette situation rappelle les tactiques russes utilisées lors des hivers précédents, où les coupures de courant avaient été utilisées comme une arme de guerre pour affaiblir la résistance ukrainienne. Les habitants, conscients de cette menace, tentent de s’organiser pour survivre à un hiver qui s’annonce particulièrement rude.

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