Israël : Nétanyahou pousse de petits partis de droite à renoncer aux législatives
Les sondages donnent le bloc de Benyamin Nétanyahou au coude-à-coude avec celui de son rival Gadi Eisenkot..
Les élections législatives israéliennes de 2026 s’annoncent particulièrement disputées entre le bloc dirigé par le premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou et celui de son principal rival, Gadi Eisenkot. Selon les sondages, les deux blocs sont au coude-à-coude, ce qui rend chaque voix cruciale. En Israël, pour qu’un parti obtienne des sièges au Parlement, il doit franchir un seuil électoral de 3,25 % des voix. Si un parti ne l’atteint pas, ses voix sont perdues et peuvent indirectement avantager l’opposition. Cette situation pousse les partis à négocier des désistements ou des alliances pour maximiser leurs chances.
Face à la menace que représentent les petits partis de droite ne franchissant pas le seuil électoral, Benyamin Nétanyahou tente de les convaincre de renoncer à se présenter. Son objectif est d’éviter que leurs voix ne soient « gaspillées » et ne profitent à l’opposition. Pour cela, il a utilisé une image symbolique sur le réseau social X (anciennement Twitter), montrant un bulletin de vote en train d’être brûlé avec la légende : « Brûler vos bulletins de vote, c’est voter pour l’opposition ». Cette stratégie vise à faire pression sur des partis comme Amha Israël (« Ton peuple Israël »), un nouveau parti d’extrême droite fondé par Ofer Winter, un ancien général de l’armée israélienne.
Le parti Amha Israël, crédité de 3,25 % des intentions de vote (le seuil minimum pour entrer au Parlement), est particulièrement dans le viseur de Nétanyahou. Ce parti milite notamment pour une réforme controversée : l’obligation du service militaire pour tous les citoyens, y compris les juifs ultraorthodoxes, qui bénéficient actuellement d’exemptions. Cette question divise la société israélienne et est un sujet de tension politique. Nétanyahou et son allié Bezalel Smotrich, ministre ultranationaliste des Finances, ont proposé à Ofer Winter un poste ministériel en échange de son retrait de la course électorale. Winter n’a pas encore accepté, mais a assuré qu’il ne soutiendrait pas Gadi Eisenkot.
Les négociations entre Nétanyahou et les petits partis de droite se heurtent à des refus. Moti Leitner, fondateur d’un nouveau parti ultraorthodoxe contestant la domination des deux factions ultraorthodoxes alliées à Nétanyahou, a refusé de se retirer malgré une rencontre mardi. De même, Ofer Winter, après avoir rencontré le rabbin Eli Sadan (mentor spirituel de Winter) et reçu une offre de poste ministériel, n’a pas cédé. Winter avait initialement promis de soutenir une coalition dirigée par Nétanyahou, à condition que la question du service militaire soit résolue. Son refus de se retirer illustre les limites de la stratégie du premier ministre.
Un autre acteur clé, **Benny Gantz**, à la tête du petit parti *Bleu blanc*, a choisi de se retirer de la course électorale lundi. Les sondages le donnaient en effet en dessous du seuil des **3,25 %**, ce qui rendait sa participation inutile. Ce retrait montre l’importance des calculs stratégiques dans le système électoral israélien, où chaque point de pourcentage compte. Gantz, figure politique majeure, a ainsi évité de disperser des voix qui auraient pu affaiblir le bloc de Nétanyahou ou renforcer celui d’Eisenkot.

