Zohran Mamdani associé aux “ennemis existentiels” d’Israël sur une affiche électorale du Likoud
En pleine campagne pour les élections législatives, le parti de Benyamin Nétanyahou a déployé une affiche mêlant le maire de New York et le président turc Erdogan au guide suprême iranien et au chef du Hezbollah libanais. Et assurant que le Premier ministre israélien serait le meilleur rempart face à ces détracteurs de l’État hébreu..
Le parti Likoud, dirigé par le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, a diffusé une affiche électorale le 16 août 2026 à Tel-Aviv. Cette affiche montre côte à côte quatre personnalités : le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, le maire démocrate de New York Zohran Mamdani, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le chef du Hezbollah libanais Naïm Qassem. Le slogan accompagnant ces images est : « Ils veulent que Nétanyahou perde. Ne les laissez pas gagner. » Cette affiche vise à présenter ces quatre figures comme des ennemis existentiels d’Israël, c’est-à-dire des adversaires dont l’existence même menacerait l’État hébreu. Le Likoud utilise cette stratégie en pleine campagne pour les élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026.
Cette affiche s’inscrit dans un contexte électoral tendu en Israël. Benyamin Nétanyahou, Premier ministre sortant, cherche à mobiliser son électorat en présentant sa réélection comme un rempart contre des menaces perçues comme majeures. Le Likoud, parti de droite nationaliste, est connu pour sa ligne dure en matière de sécurité et de relations internationales. L’association de Zohran Mamdani, figure politique américaine progressiste, avec des dirigeants comme Erdogan ou Khamenei, est particulièrement surprenante. Mamdani, maire de New York depuis 2025, est connu pour ses positions critiques envers Israël, notamment sur la question palestinienne. Cette affiche reflète une stratégie de diabolisation de l’opposition, où toute critique envers Israël est assimilée à une menace existentielle.
La publication de cette affiche a suscité des réactions variées. En Iran, l’agence de presse Tasnim, proche du régime, a interprété cette affiche comme un signe de la peur que Nétanyahou éprouverait envers le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei. En Israël, le quotidien Ha’Aretz, connu pour son opposition à Nétanyahou, a souligné que cette affiche révélait un instinct ancien dans le pays : présenter les critiques d’Israël comme des ennemis existentiels. À l’international, la presse a surtout été interpellée par l’inclusion de Zohran Mamdani parmi des figures comme Erdogan ou Khamenei, alors qu’il s’agit d’un élu local américain dont les positions, bien que critiques envers Israël, ne sont pas comparables à celles de dirigeants d’États hostiles.
Cette affiche illustre une stratégie de communication politique classique, mais poussée à l’extrême : associer des adversaires idéologiques ou politiques à des menaces perçues comme existentielles pour mobiliser l’électorat. Le Likoud utilise ici une rhétorique de la peur, en présentant Nétanyahou comme le seul rempart contre des ennemis présentés comme unis dans leur volonté de détruire Israël. Cette approche n’est pas nouvelle en Israël, où la notion d’ennemi existentiel est souvent employée pour discréditer l’opposition ou les critiques. Cependant, l’association d’un maire américain avec des dirigeants d’États ennemis marque une escalade dans cette stratégie, visant à créer un sentiment d’urgence parmi les électeurs israéliens.
Les élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026 s’annoncent cruciales pour Benyamin Nétanyahou, dont la popularité est en baisse en raison de réformes controversées et de tensions internes. Le Likoud mise sur une campagne axée sur la sécurité et la défense contre des menaces extérieures pour séduire son électorat traditionnel. Cette affiche s’inscrit dans cette logique, en présentant Nétanyahou comme le seul capable de protéger Israël face à des ennemis perçus comme unis. Cependant, cette stratégie comporte des risques, notamment celui de polariser davantage le débat politique et de renforcer les divisions au sein de la société israélienne.

