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En pleine guerre commerciale, le Canada augmente ses exportations vers la Chine

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 6 j

Les exportations canadiennes vers la Chine ont grimpé de 30 % au cours du premier semestre de 2026..

Exportations canadiennes en hausse

Au premier semestre de 2026, les exportations du Canada vers la Chine ont progressé de 30 % par rapport à l’année précédente, atteignant 21,74 milliards de dollars. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, poussant Ottawa à diversifier ses partenaires économiques. Le commerce global entre les deux pays a également augmenté de 3,6 %, pour un total de 66,6 milliards de dollars. Ces chiffres proviennent d’un rapport du Conseil d’affaires Canada-Chine et de l’Institut de la Chine de l’Université de l’Alberta. La croissance est particulièrement marquée dans les secteurs de l’énergie et des minéraux, qui représentent 58,4 % des exportations canadiennes vers la Chine. Par exemple, les exportations d’énergie, incluant le pétrole brut et le propane liquéfié, ont bondi de 81,8 %, tandis que celles de minerais métalliques et non métalliques ont progressé de 29 %.

Rapprochement diplomatique

Les relations entre le Canada et la Chine se sont améliorées après des années de tensions, notamment depuis l’arrestation en 2018 de Meng Wanzhou, dirigeante de l’entreprise chinoise Huawei, à la demande des États-Unis. Cette crise avait conduit à l’emprisonnement de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, accusés d’espionnage par Pékin. En 2025 et 2026, des rencontres diplomatiques, comme celle entre le premier ministre canadien Mark Carney et le président chinois Xi Jinping en octobre 2025, ont marqué un réchauffement des liens. Ce rapprochement s’accompagne d’une volonté du Canada de réduire sa dépendance envers les États-Unis, dans un contexte de guerre commerciale entre Washington et Ottawa. Mark Carney a souligné que cette stratégie, bien qu’elle ait un coût, évitera des conséquences plus graves à long terme.

Pétrole canadien vers l'Asie

L’oléoduc Trans Mountain, qui transporte le pétrole de l’Alberta vers la Colombie-Britannique, a atteint 97 % de sa capacité en juin 2026, facilitant les exportations vers l’Asie. La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a perturbé les livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz, une route stratégique, ce qui a fait monter les prix du pétrole. Les acheteurs se sont alors tournés vers des producteurs comme le Canada. Mark Maki, PDG de Trans Mountain, prévoit que l’Asie pourrait acheter 70 % du pétrole canadien d’ici 2028. Cette expansion vise principalement à répondre à la demande asiatique, où la Chine joue un rôle central. Le terminal maritime Westridge, point final de l’oléoduc, est situé à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Accord sur les véhicules électriques

En janvier 2026, le Canada et la Chine ont signé un accord permettant l’importation de 15 603 véhicules électriques chinois sur le marché canadien. En échange, la Chine a réduit certains tarifs douaniers sur des produits agricoles canadiens, comme le tourteau de canola et les pois, ainsi que sur les graines de canola. Cette mesure a eu un impact immédiat sur les prix : les graines de canola, par exemple, sont passées de 12 $ à 17 $ le boisseau. Andre Harpe, président de l’Association canadienne des cultivateurs de canola, a salué cette hausse des prix, bien que les agriculteurs restent prudents, car ces réductions tarifaires ne sont valables que jusqu’à la fin de l’année 2026.

Importations en déclin

Malgré la hausse des exportations, les importations canadiennes en provenance de Chine ont diminué de 5,8 % au premier semestre 2026. Cette baisse a réduit le déficit commercial du Canada avec la Chine de 25 %. Peter Malkin, analyste économique, attribue cette tendance à une délocalisation partielle de la production chinoise vers d’autres pays, comme le Vietnam. L’Ontario, par exemple, a enregistré la plus forte baisse des importations, notamment pour les ordinateurs portables et les consoles de jeux vidéo, bien que les importations de batteries lithium-ion et de véhicules électriques aient augmenté. Cette évolution reflète un changement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Secteurs agricoles contrastés

Les exportations agricoles canadiennes vers la Chine ont progressé de seulement 1,9 % au premier semestre 2026. Si les ventes de graines de canola, de pois et de bœuf ont augmenté, le homard a enregistré un déclin de 28 %. Peter Malkin explique que la Chine peut se fournir ailleurs, ce qui limite la reprise des exportations de homards. Malgré ces résultats mitigés, les agriculteurs espèrent réduire leur dépendance à la Chine en développant le marché intérieur. Les auteurs du rapport soulignent que les exportations canadiennes vers la Chine restent inférieures à celles vers le Royaume-Uni ou l’Union européenne, et que la croissance ne concerne qu’un nombre limité de produits.

Ce que ça pourrait changer

Le Canada vise une augmentation de 50 % de ses exportations vers la Chine d’ici 2030. Les chiffres du premier semestre 2026 indiquent que cet objectif pourrait être atteint, voire dépassé. Peter Ahmadi, expert en commerce international, estime que la Chine représente près de la moitié des opportunités commerciales pour les entreprises canadiennes en Asie-Pacifique. Cependant, les données de fin d’année seront nécessaires pour confirmer cette tendance. Le port de Vancouver, le plus grand du Canada, traite environ 16 % du commerce national de marchandises, dont un tiers concerne la Chine. Peter Xotta, de l’Administration portuaire de Vancouver-Fraser, note un changement de sentiment parmi les acteurs économiques, qui semblent désormais plus optimistes quant aux relations commerciales avec la Chine.

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