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Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

Next.ink · mis à jour il y a 7 j

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Objectif abandonné

En août 2025, la Federal Communications Commission (FCC), l’autorité américaine de régulation des télécommunications, a officiellement abandonné un objectif fixé en 2024 sous l’administration Biden. Cet objectif visait à ce que tous les habitants des États-Unis disposent d’un accès à Internet descendant à 1 gigabit par seconde (Gbit/s) et montant à 500 mégabits par seconde (Mbit/s). Aucune date limite n’avait été imposée pour atteindre cette cible. La suppression de cet objectif s’inscrit dans une logique de neutralité technologique, un principe selon lequel les régulateurs ne doivent pas favoriser une technologie spécifique au détriment d’une autre. La FCC a justifié cette décision en arguant que cet objectif n’était pas obligatoire légalement et qu’il risquait de fausser le marché en désignant des gagnants et des perdants technologiques, sans preuve que cela stimule l’innovation ou la compétitivité.

Contexte politique

La suppression de cet objectif coïncide avec le retour de l’administration Trump, dirigée par le président Donald Trump. Brendan Carr, un républicain nommé à la tête de la FCC, avait proposé dès juillet 2025 de supprimer cet objectif, estimant qu’il n’était pas mentionné dans l’article 706 de la loi américaine, qui encadre les missions de la FCC. Carr a également souligné que maintenir un tel objectif pourrait violer les obligations de neutralité technologique de l’agence, en abaissant les normes pour permettre à certaines technologies, comme celles de Starlink, d’y répondre plus facilement. Cette décision a été critiquée par la commissaire démocrate Anna Gomez, qui y voit une remise en cause des standards de performance et une entrave à la compétitivité du marché.

Neutralité technologique

La neutralité technologique est un principe selon lequel les régulateurs ne doivent pas privilégier une technologie (comme la fibre optique, le câble ou les satellites) par rapport à une autre. Dans ce cas précis, la FCC a estimé que fixer un objectif de débit très élevé désavantagerait certaines technologies, comme les connexions par satellite (Starlink), qui peinent à atteindre ces performances. La commissaire Anna Gomez a rétorqué que la neutralité technologique exige au contraire d’évaluer toutes les technologies selon les mêmes critères de performance, sans abaisser les standards pour permettre à des solutions moins performantes de survivre. Ce débat oppose donc deux visions : l’une privilégiant la performance pure, l’autre la diversité des solutions techniques.

Impact sur Starlink

Starlink, la filiale d’Internet par satellite de SpaceX, est directement concernée par cette décision. L’entreprise propose des débits variables selon les forfaits : 100 Mbit/s, 200 Mbit/s ou 400 Mbit/s en descendant, avec des performances moindres en montant. L’objectif abandonné de 1 Gbit/s en descendant aurait pu contraindre Starlink à investir massivement pour améliorer ses infrastructures, notamment en lançant de nouveaux satellites plus performants. Avec cet objectif levé, l’entreprise évite cette pression concurrentielle et peut continuer à se développer sans avoir à atteindre des standards élevés. Certains observateurs y voient une aubaine pour Starlink, qui pourrait ainsi dominer le marché de l’Internet fixe aux États-Unis, notamment dans les zones rurales où le déploiement de la fibre est coûteux.

Ce que ça pourrait changer

Alors que les États-Unis abandonnent cet objectif ambitieux, la France affiche des résultats bien plus avancés. En octobre 2024, l’*Autorité de régulation des communications électroniques et des postes* (Arcep) annonçait que **93 % des locaux français** étaient éligibles à la fibre optique, même si cela ne garantit pas un débit de 1 Gbit/s pour tous. Cette différence s’explique par des politiques publiques plus volontaristes en France, où l’État a massivement investi dans le déploiement de la fibre, contrairement aux États-Unis où le marché est plus fragmenté et dépend davantage des initiatives privées. Cette comparaison souligne les divergences entre les approches américaine et européenne en matière de couverture Internet.

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