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Vous ne réalisez pas à quel point la fusée Starship de SpaceX est un cauchemar pour l’environnement

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

Elon Musk le répète depuis des années : SpaceX doit permettre à l’humanité de survivre face au réchauffement climatique. Pourtant, ses ambitions mercuriennes avec la fusée géante Starship ont un impact destructeur sur l’environnement.

Starship et enjeux industriels

SpaceX, dirigée par Elon Musk, prévoit de produire 1 000 fusées Starship par an et d’effectuer des milliers de lancements annuels pour financer ses projets ambitieux comme les constellations Starlink, les data centers orbitaux pour xAI ou le programme Artemis de la NASA. Ces objectifs nécessitent une logistique colossale, avec une fusée mesurant plus de 120 mètres de haut. Pour y parvenir, SpaceX doit s’étendre géographiquement, car son site actuel de Boca Chica au Texas est trop restreint. La société vise à annexer 2 873 hectares supplémentaires, empiétant sur une réserve naturelle abritant des espèces protégées comme l’ocelot, un félin en danger d’extinction, ou le pluvier siffleur, un oiseau menacé. Cette expansion s’accompagne de procédures administratives accélérées pour contourner les réglementations environnementales fédérales, avec le soutien de l’administration Trump.

Impacts écologiques directs

Les lancements de Starship à Boca Chica ont déjà des conséquences mesurables sur l’environnement local. Les explosions répétées et les débris métalliques ont détruit une grande partie des nids du pluvier siffleur, forçant cette espèce à quitter la zone. Les vibrations extrêmes du sol menacent également les œufs des tortues de Kemp, la plus en danger des tortues marines, qui pondent sur ces plages. Les mesures réalisées montrent des niveaux sonores dépassant 110 décibels à plus de 35 kilomètres du site, ainsi que des surpressions atmosphériques de 240 pascals dans un rayon de 15 kilomètres, un seuil suffisant pour briser des fenêtres. Ces effets poussent SpaceX à chercher de nouveaux sites, comme 55 000 hectares de marais en Louisiane, où des écosystèmes fragiles pourraient être sacrifiés pour éviter les nuisances humaines.

Data centers et pollution spatiale

SpaceX envisage de déployer un réseau d’1 million de data centers orbitaux pour alimenter l’intelligence artificielle, via une demande déposée auprès de la Commission fédérale des communications (FCC). Associé à d’autres projets comme les 50 000 miroirs orbitaux de Reflect Orbital, qui renvoient la lumière du Soleil vers la Terre, ces infrastructures pourraient rendre le ciel nocturne jusqu’à trois fois plus lumineux qu’aujourd’hui. La Royal Astronomical Society (RAS) et l’European Southern Observatory (ESO) ont alerté sur les risques pour les écosystèmes nocturnes, notamment pour les animaux dépendant des étoiles pour se repérer, comme lors de la migration ou de la reproduction. Certains de ces dispositifs seraient même plus brillants que la pleine lune.

Ce que ça pourrait changer

Elon Musk bénéficie d’un soutien politique important, notamment auprès de l’administration Trump, ce qui lui permet de contourner les obstacles administratifs pour ses projets. Cette proximité s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où la conquête spatiale est devenue un enjeu stratégique entre les États-Unis et la Chine. Cependant, ce soutien politique soulève des questions sur l’équilibre entre innovation technologique et protection de l’environnement. SpaceX, qui se présente comme un acteur clé pour « sauver l’humanité », industrialise à la fois le sol et le ciel, avec un coût environnemental potentiellement dévastateur. Son empire technologique, évalué à plus de 1 250 milliards de dollars, repose sur des pratiques qui pourraient aggraver la crise écologique.

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