Climat : a-t-on encore des raisons d'espérer ?
Aucun discours politique n’a su répondre à l’angoisse grandissante causée par les canicules et incendies. Pour notre invitée la géographe Magali Reghezza-Zitt, devant l’inéluctable décarbonation, il est possible de tout changer pour un futur chaud, mais vivable..
L'article évoque des épisodes climatiques extrêmes survenus en France en 2026, comme des canicules où les températures ont dépassé les 40 °C, voire les 50 °C dans le Sud, et des incendies en Gironde. Ces événements ne sont plus exceptionnels, mais deviennent récurrents. La géographe Magali Reghezza-Zitt décrit ces conditions comme insupportables pour l'organisme humain : impossibilité de marcher plus de quelques minutes sans ressentir des palpitations, une confusion mentale ou une fatigue extrême, comparant l'expérience à un sauna où l'air serait brûlant. Ces vagues de chaleur s'accompagnent aussi d'inondations et de tornades, comme celles observées dans l'Aude et l'Oise, illustrant l'intensification des phénomènes météorologiques liés au changement climatique.
Magali Reghezza-Zitt, géographe et ancienne membre du Haut Conseil pour le climat (2019-2023), souligne que la décarbonation de l'économie est désormais inéluctable. Dans son livre Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone (éditions du Seuil, mai 2026), elle explique que cette transition vers une neutralité carbone implique des changements profonds dans nos modes de vie, de production et de consommation. L'objectif est de limiter le réchauffement climatique tout en rendant ce futur vivable, malgré des températures élevées. La neutralité carbone désigne un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les activités humaines et celles absorbées par les écosystèmes ou les technologies de capture du carbone.
Face à l'urgence climatique, Magali Reghezza-Zitt insiste sur la nécessité d'agir rapidement pour éviter un emballement des phénomènes climatiques. Elle critique l'absence de discours politiques capables de répondre à l'angoisse collective générée par ces catastrophes. Pour elle, il est encore possible de transformer la société pour qu'elle s'adapte à un climat plus chaud, mais cela exige des mesures radicales et immédiates. L'adaptation implique des modifications structurelles, comme la rénovation des bâtiments, la transformation des infrastructures urbaines ou encore la modification des pratiques agricoles, afin de réduire la vulnérabilité des populations et des écosystèmes.
Magali Reghezza-Zitt, en tant qu'experte en géographie et spécialiste des risques climatiques, joue un rôle clé dans la sensibilisation et l'analyse des défis posés par le changement climatique. Son parcours inclut une participation au Haut Conseil pour le climat, un organisme indépendant créé en 2019 pour évaluer les politiques publiques en matière de réduction des émissions de GES et d'adaptation au réchauffement. Ses travaux visent à éclairer les décideurs et le grand public sur les enjeux climatiques, en combinant rigueur scientifique et accessibilité. Elle incarne une voix critique face à l'inaction politique et propose des pistes concrètes pour un avenir plus résilient.
Malgré la gravité de la situation, Magali Reghezza-Zitt maintient une lueur d'espoir en affirmant qu'il est encore possible de construire un futur *chaud, mais vivable*. Pour elle, l'espoir réside dans la capacité de l'humanité à se mobiliser pour une transition écologique et sociale ambitieuse. Elle souligne que les solutions existent, mais qu'elles nécessitent une volonté politique forte et une implication collective. L'article interroge ainsi la possibilité de concilier urgence climatique et espoir, en s'appuyant sur des exemples concrets et des analyses rigoureuses pour éviter le fatalisme et encourager l'action.

