NapseflowNapseflow
Géopolitique

Au Venezuela, Trump ouvre l’ère de la recolonisation américaine

Le Grand Continent · mis à jour il y a 3 h

L’accord pétrolier présenté hier par la Maison-Blanche ressuscite les concessions impériales de la première moitié du XXe siècle. L’article Au Venezuela, Trump ouvre l’ère de la recolonisation américaine est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Accord pétrolier historique

Le 31 août 2026, la Maison Blanche a publié un document appelé fact sheet présentant ce que Donald Trump qualifie de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale ». Cet accord prévoit le transfert, pour une durée de 100 ans, de 65 milliards de barils de pétrole vénézuélien à une entreprise privée. Ces réserves représentent environ 20 % des réserves prouvées du Venezuela, estimées à 300 milliards de barils. Le pétrole extrait est principalement un pétrole brut extra-lourd, coûteux à produire. L’accord est signé par le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, soulignant l’implication conjointe de la diplomatie et du Pentagone.

Contrôle américain majoritaire

L’accord accorde aux États-Unis un contrôle économique majoritaire sur les ressources pétrolières vénézuéliennes. Washington détient 35 % du capital de la société concessionnaire, North American Blue Energy Partners (NABEP), un droit d’achat de 20 % de la production au prix de revient, et un droit de préemption sur les 80 % restants. Cela équivaut à un contrôle global d’environ 55 % des recettes pétrolières du Venezuela. La participation de 35 % a été acquise via des penny warrants, des certificats d’option exercés à un prix symbolique, transférant ainsi le coût réel à l’État vénézuélien. Les États-Unis garantissent ainsi leur domination énergétique pour le siècle à venir, sans investissement direct.

Acteurs et structures clés

L’entreprise NABEP, qui exploitera les champs pétroliers, est dirigée par Alejandro Betancourt López, surnommé le « vice-roi du pétrole » du nouveau régime vénézuélien. Ancien membre des bolichicos (entrepreneurs enrichis sous le régime de Chávez), il a été associé à des affaires de corruption et de blanchiment d’argent dans les années 2010. Son rôle dans cet accord est soutenu par Marco Rubio, secrétaire d’État américain. Aucune grande compagnie pétrolière internationale comme Exxon ou Chevron n’est officiellement mentionnée dans l’accord, bien que Trump ait évoqué leur future participation sans détails supplémentaires.

Cadre juridique contesté

L’accord prévoit des concessions de 100 ans sur 17 champs pétroliers, une durée sans précédent dans le droit vénézuélien. Depuis la nationalisation du pétrole en 1976, les lois vénézuéliennes limitent les concessions à 25 ans maximum, prorogeables de 15 ans, avec une participation majoritaire de l’État. La nouvelle loi sur les hydrocarbures adoptée en janvier 2026 sous l’égide des autorités provisoires, soutenues par les États-Unis, maintient ces limites. Une concession de 100 ans est donc juridiquement contestable et s’écarte des normes internationales, où les contrats pétroliers durent généralement entre 20 et 40 ans. Les seuls exemples comparables remontent à l’ère coloniale, comme les concessions en Perse ou en Irak au début du XXe siècle.

Contexte géopolitique

Cet accord s’inscrit dans la doctrine Monroe, réaffirmée par l’administration Trump, qui vise à exclure les rivaux étrangers de l’hémisphère américain. Il marque le troisième volet de la stratégie américaine au Venezuela, après l’opération Absolute Resolve en janvier 2026 ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro et à l’installation d’un régime provisoire. Ce texte illustre une forme de recolonisation économique, où les ressources naturelles sont contrôlées par une puissance étrangère via une entreprise privée inféodée, sans participation directe des grandes compagnies pétrolières internationales.

Ce que ça pourrait changer

Le Venezuela cède pour 100 ans le contrôle de 65 milliards de barils de pétrole, une ressource essentielle à son économie, sans recevoir de compensation financière directe. Les recettes pétrolières seront majoritairement captées par les États-Unis, via leur participation dans NABEP et leurs droits d’achat garantis. Le coût de cette participation, symbolique via les *penny warrants*, est en réalité supporté par le Venezuela, qui renonce à une partie de ses revenus futurs. Cet accord garantit aux États-Unis un approvisionnement pétrolier stable et à bas coût pour le siècle à venir, consolidant leur domination énergétique dans l’hémisphère.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.